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Tome 1 : Prophéties (titre provisoire)

 

La limite entre les domaines du Chaos et de l’Ordre est aussi ténue que le fil d’un rasoir. Une seule fêlure dans cette ligne peut engendrer un nombre infini de possibilités nouvelles et une infinité de futur où le Chaos serait maître de nos destins. Nous ne pouvons pas laisser les hordes du Chaos briser cette ligne.
Astrée d’Elonia.
(Réunion d’état-major).

 

En cette journée ensoleillée, Astrée étudiait, comme à son habitude la littérature, le calcul, l’histoire et les lois. Elle voulait toujours en savoir plus. Sa soif d’apprendre était inextinguible. C’était une jeune fille de seize ans, pas très grande, aux cheveux châtains clairs. Les grands yeux verts qui éclairaient son visage trahissaient, par leur regard, la vive intelligence qui l’habitait en même temps que son caractère réservé et presque timide. On pouvait dire qu’elle était belle mais pourtant personne n’arrivait réellement à dire ce qui la rendait aussi séduisante.
Penchée sur ses livres, dans sa chambre, elle ne put voir l’homme qui arrivait en courant vers la maison en suivant le chemin qui venait de la ville de Mycénia toute proche. Il s’arrêta devant la porte d’entrée et s’apprêta à frapper quand celle-ci s’ouvrit sur un homme d’âge mur, grand et dégageant un forte impression de noblesse. C’était Ianis le père d’Astrée.
L’homme prononça quelques mots qui assombrirent le visage de Ianis et repartit aussitôt, comme il était venu.
Ianis referma la porte et appela une servante. Après lui avoir donné ses instructions, il se rendit quelques instants dans son bureau. Quand il en ressortit la servante lui ramena une besace.
Il appela.
- Astrée! Astrée!
- Oui, papa, fit une voix venant de l’étage.
- Descends de suite, il faut que je te parle! C’est important!
-Mais papa, reprit la voix, j’ai pres…
- Ne discute pas! Viens de suite!
Astrée posa sa plume et se leva.
- Quel vieux rabat-joie, marmonna-t-elle tout en rejoignant le salon.
Lorsqu’elle vit son père, elle sût que quelque chose n’allait pas. Il avait l’air encore plus soucieux qu’à son habitude.
- Astrée, commença-t-il, les armées de Wilkonia viennent d’envahir Korin et Stocks est déjà tombée. Cette ville n’a pu résisté aux armées et aux hordes de démons de Wilkonia. La reine Hystèria s’est alliée aux seigneurs du Chaos et ils lui ont donné le commandement de leurs armées. Ces créatures sont trop fortes pour de simples humains, et même les Elfes ne peuvent rien contre certains d’entre eux. L’armée de Wilkonia sera bientôt ici… C’est l’affaire d’une semaine ou deux… Il faut que tu partes !
- Mais papa…
- Ne m’interrompt pas! Tu vas aller à Will, chez mon vieil ami Galmir. Non, tu ne le connais pas! Mais lui te connaît… il saura quoi faire. Tu dois partir immédiatement. Je t’ai fait préparer ces provisions.
Il lui tendit la besace.
- Et toi papa?, demanda-t-elle en la prenant.
- Je vais rejoindre les armées des villes et villages voisins qui vont s’unir pour contrer celles d’Hystèria. Je suis le seigneur de Mycénia et je dois conduire mes hommes pour défendre notre ville. Toi tu dois partir. Immédiatement! Ah… Prends aussi ceci…
Il lui tendit une petite boîte en ébène.
- Fait très attention à cela. C’est très important.
Astrée prit la boîte et la mis dans la besace que lui avait donné son père.
- Sois prudent, papa, dit-elle, les yeux embués de larmes.
- Va, va maintenant. Je t’ai fait sellé Tempête. Prend-le et va…
Retenant ses larmes, Astrée embrassa son père et, n’osant lui désobéir, elle monta sur le superbe cheval blanc que lui présentait un palefrenier. Elle prit le chemin au pas, et après un dernier signe d’adieux à son père, elle partit au galop en direction de Will.
Ianis rentra chez lui, tout en essuyant ses yeux d’un geste rapide.
Partie vers les dix heures du matin, Astrée se permit une pose, vers quatorze heures, pour déjeuner. Tout en dévorant une cuisse de poulet, elle repensa à cette boîte qui semblait si importante pour son père. Elle fouilla sa besace, la trouva et l’ouvrit. Un bracelet en or, orné de ce qu’elle pensa être une très belle pierre de Jade, s’offrit à son regard. Elle ne se souvenait pas d’avoir jamais vu ce bijou chez elle, pas même dans les affaires qui avaient appartenues à sa mère. Il éveilla tout de même en elle un vague souvenir qui s’estompa rapidement.
Elle rangea le bracelet dans sa boîte, se hâta de finir son repas et repris sa route. Sur le chemin elle ne croisa que quelques paysans, un colporteur accompagné d’un barde, et une patrouille de rangers.
Elle arriva à l’entrée de Will vers les vingt deux heures, après avoir chevauché toute la journée. Tempête, son cheval, était un animal extraordinaire. Ce magnifique animal blanc, au font orné d’une étoile noire, était réputé, à Mycénia, pour être le cheval le plus rapide qui ai jamais foulé le sol d’Elonia. Et, pour ce qu’en savait Astrée, c’était peut-être vrai. Elle avait effectué le trajet en une heure de moins qu’avec tout autre cheval, sans compter que les courtes pauses qu’elle s’était accordée n’aurait pas suffit à un cheval ordinaire. Le rythme de sa course aurait pu tuer n’importe quel cheval et Tempête, lui, était à peine fatigué.
Astrée s’arrêta au " Coq chantant ", une auberge à l’entrée de Will pour s’enquérir de Galmir.
Lorsqu’elle poussa la lourde porte de bois, elle fut assaillie par une bonne odeur de viande grillée. Son ventre, réagissant à l’odeur, lui rappela bruyamment qu’elle avait faim.
Elle commanda un en-cas (à cette heure-ci le service était presque fini) et demanda à l’aubergiste s’il connaissait Galmir.
- Galmir? Bien sûr! Ici, tout le monde connaît ce vieux fou de Nain.
- Ce vieux… fou?
- Ah? Vous ne le connaissez pas? Ici on dit qu’il est un peu fou parce qu’il vit reclus dans une petite maison en dehors de la ville et qu’il préfère la compagnie des Elfes et des animaux à celle de ses frères Nains ou des Humains.
L’aubergiste se pencha vers Astrée et lui chuchota:
- Certains disent même que c’est un sorcier… Mais personne n’a de preuves, reprit-il à haute voix.
- Ah bon?… Et où puis-je le trouver?
- C’est très facile : vous sortez de la ville et vous prenez le petit chemin à droite, là où il y a un petit pont. Au bout d’un petit quart d’heure de marche vous atteindrez une petite maison adossée à un rocher. Il vit là et ne quitte son logis que très rarement.
- Merci beaucoup. J’y vais de suite.
- A cette heure? Une jeune personne comme vous! Ce n’est pas prudent! Vous devriez passer la nuit ici.
-Merci de votre attention pour moi, mais je suis pressée.
Astrée régla son repas avec quelques piécettes. Elle ne voulait pas montrer les pièces d’or que son père avait du glisser dans sa besace et qu’elle avait remarquées lors de sa pause déjeuner.
Tout au long de son repas elle avait remarqué que le sujet principal de conversation était la guerre qui ravageait l’est d’Elonia. Les gens semblaient inquiets. Wilkonia avait déjà pris Korin, Stocks et Yarn (la première ville à être tombée). Ses avant-gardes se dirigeaient vers Mycénia qui menait directement à Will. En plus des gens du pays, il y avait aussi deux hommes vêtus de noir, assis près de l’entrée, qui buvaient du vin. S’ils avaient retenu son attention c’est que leur habillement et la couleur halée de leur peau les désignaient comme étrangers. Au fond de la salle, dans un coin peu éclairé, il y avait aussi deux Elfes. Ces derniers n’aimaient pas se mêler aux humains; si ces deux là étaient dans cette auberge, c’est qu’ils n’avaient pu l’éviter, pensa Astrée.
Elle sortit de l’auberge, et, suivant les instructions de l’aubergiste, dirigea Tempête, au petit galop, vers la maison de Galmir où elle arriva un peu avant onze heures et demi.
Elle mit pied à terre, attacha Tempête à un arbre et frappa à la porte. Pas de réponse. Elle frappa de nouveau, plus fort et plus longtemps. Elle entendit une voix profonde bien que légèrement éraillée qui criait.
- J’arrive, j’arrive! Pas la peine de défoncer ma porte! J’arrive…
La porte s’ouvrit sur un vieux Nain à la longue barbe blanche. Astrée lui trouva l’air très sage et très malicieux à la fois.
- Que voulez-vous à cette heure de la nuit?
-Bon.. Bonsoir. Je m’appelle Astrée, je suis la fille de Ianis et il …
- Oui, je sais… Entre vite, nous t’attendions.
-Vous m’attendiez?, fit-elle en entrant dans une pièce qui devait être la cuisine et la salle à manger.
- Je savais que tu devais venir. En fait je pensais que tu serais venue plus tôt… Au moins une semaine plus tôt… Ianis a tardé à t’envoyer vers moi! Bon laisse-moi te présenter Brimbo et Frison.
Il venait de désigner deux personnes à l’air encore endormi qui se tenaient au fond de la cuisine.
Le premier était un jeune nain, de moins de quarante ans sembla-t-il à Astrée et le second un Hobbit d’une vingtaine d’année.
- Et moi, comme tu as dû le deviner je suis Galmir.
-Bienvenue Astrée, déclara Frison
- Merci beaucoup, répondit-elle.
- Assez perdu de temps, déclara Galmir. Frison, Brimbo, allez chercher vos affaires. En vitesse.
Ce fut le branle-bas de combat : Galmir, Brimbo et Frison courraient dans toute la maison, disparaissaient dans des pièces pour en ressortir presque aussitôt, enfournaient leurs affaires dans des sacs et, en quelques minutes, ils furent prêt à partir.
Pourtant Astrée était troublée : aucun d’entre eux n’avaient pris le temps de se changer. Ils étaient toujours vêtus de leur vêtements de nuit.
Galmir les réunis tous les quatre au milieu de la cuisine et psalmodia quelques mots étranges.
Astrée ressentit un léger étourdissement qui disparut presque aussitôt.
-Suivez-moi en silence, je vais vous montrer vos chambres, fit Galmir.
Astrée était interloquée. Elle ne comprenait pas la raison de ce remue-ménage. Trop troublée, elle suivit toutefois Galmir sans lui poser la question qui lui brûlait les lèvres. Galmir indiqua une chambre à Brimbo, puis à Frison et enfin à elle-même.
-Bonne nuit, lui chuchota Galmir en ouvrant la porte.
La chambre était une petite pièce très sobre contenant un lit, une petite armoire, un bureau et deux chaises. Elle rangea sa besace dans l’armoire et retira ses vêtements de voyage. Elle cacha la boîte d’ébène au milieu de ses vêtements et se coucha.
Elle s’endormit moins d’une heure après son arrivée chez Galmir, après une harassante et bien étrange journée du 28 Mai 3528 de la quatrième Dynastie.

 

La pièce était plongée dans la pénombre. Une silhouette était penchée sur un bureau. On entendit un soupir. La silhouette se redressa.
- Lumière.
Au son de cette voix féminine, la lumière inonda la pièce. Derrière le bureau, une très belle jeune femme, d’une trentaine d’années, était assise. Elle portait un uniforme bleu marine sur lequel retombait sa longue chevelure brune. Elle appuya sur le bouton de l’interphone.
-Introduisez le Lieutenant Roll, s’il vous plaît.
- Bien, mon Colonel, répondit une voix par l’interphone.
La porte s’ouvrit sur un jeune homme assez grand et musclé. Il portait lui aussi l’uniforme des forces spatiales. Une cicatrice barrait son front.
- Mes respects, mon Colonel.
- Faîtes votre rapport, Lieutenant.
- Je reviens du secteur d’Orion, mon Colonel. Deux nouvelles planètes sont tombées, ce qui porte leur nombre à dix-neuf. Aucunes indications sur ce qui s’est passé. Un seul de nos hommes a réussi à ramener son chasseur et il n’a plus toute sa raison. Le seul indice qu’il ait pu nous donner, c’est ce dessin.
Le lieutenant tendit une feuille au colonel.
- Une étoile rouge? Qu’est-ce?
- Nous n’en savons rien, mon Colonel. Ce symbole n’a jamais été utilisé par aucun de nos ennemis. Le pilote nous a aussi révélé que les chasseurs utilisés par l’ennemi sont les mêmes que les nôtres. Mais les armes utilisées semblent parfois différentes.
- C’est tout?
- Oui, malheureusement, mon Colonel.
- Merci Lieutenant. Vous pouvez disposer.
Le lieutenant sortit du bureau et la jeune femme se replongea dans ses pensées. Moins de dix mois après le début de cette guerre, dix-neuf planètes avaient été prises par l’ennemi et la confédération intergalactique n’avait pas gagné une bataille. La situation était catastrophique.
La jeune femme se leva, sortit du bureau et en ferma la porte avec une clef électronique.
- A demain, Sergent, dit-elle à sa secrétaire.
- A demain, mon Colonel. N’oubliez pas la réunion d’état-major.
- Bien sûr.
La jeune femme longea un corridor et pris un des ascenseurs qui se trouvaient au fond de ce couloir. Elle appuya sur le bouton indiquant le " niveau –3 ". L’ascenseur monta un moment puis s’arrêta en douceur. Elle en sortit, puis, suivant un nouveau couloir, elle arriva devant une porte. Une plaque indiquait " Général Gill ". Elle apposa sa main sur une plaque placée à droite de la porte. Sans un bruit la porte coulissa. Elle pénétra dans l’appartement de son père. Il y régnait toujours une atmosphère humide que même la climatisation n’arrivait pas à éliminer. En fait cette humidité était due à l’étrange particularité de ce logement. Une des pièces était en fait une grotte. La famille Gill habitait sur l’emplacement de cette grotte depuis des générations, bien que la jeune femme n’en connaisse pas la raison. Elle venait rendre visite à son père pour qu’il l’éclaire sur le symbole rapporté par le lieutenant Roll. Ce symbole lui rappelait quelque chose. Peut-être son père le lui avait-il montré quand elle était plus jeune. En plus d’être un excellent tacticien, le général était aussi un érudit.
Un homme, qui paraissait avoir soixante ou soixante-cinq ans, entra dans la pièce.
- Astrée. Tu viens rendre visite à ton vieux père. J’en suis content. Assois-toi. Veux-tu boire quelque chose?
- Merci père, fit-elle en l’embrassant, mais je suis venue pour une affaire importante. Et je me permet de te rappeler pour la énième fois que je préfère que tu m’appelles Suly. Je préfère ce prénom. Astrée est trop commun, surtout dans la famille…
- Bien… Suly. Alors, quelle est cette affaire si importante? Si c’est de la guerre qu’il s’agit, je te rappelle que je suis à la retraite!
- En fait, nous avons reçu pour la première fois un indice sur nos ennemis. Un de nos hommes à réussi à s’enfuir après un affrontement direct avec eux. C’est le premier… Tiens, regardes ce dessin. Il a été fait par cet homme d’après le symbole peint sur le fuselage des appareil ennemis.
Le général prit le dessin et l’examina un court instant. Son visage se fit soucieux.
- Que se passe-t-il, père?
- Le Chaos… C’est le symbole du Chaos!, répondit-il. Il avait l’air tout à la fois excité et effrayé.
- De quoi parles-tu?
- Suis moi!
Il se leva et se dirigea vers le fond de l’appartement. Là il entreprit d’ouvrir une porte à serrure mécanique avec une clef accroché à une lanière passée autour de son cou. Suly savait que cette porte donnait sur la grotte. Son père actionna l’éclairage et s’engagea dans l’étroit tunnel. Suly le suivit. Elle avait souvent parcouru ces galeries quand elle était plus jeune.
Son père s’arrêta dans un virage et appuya sur une stalagmite. Un pan du mur du boyau s’ouvrit.
Astrée en fût très étonnée. Elle ne connaissait pas ce passage. Son père le lui avait donc toujours caché…
Il s’ouvrait sur un grande salle, la plus grande de toute la grotte. La moitié droite de la salle était lisse comme du verre et un unique flèche blanche pointant vers le ciel était peinte sur le mur de droite.
L’autre côté de la salle était rugueuse, pleine d’excroissances, de trous, de bosses et de fissures. Sur le mur directement opposé à la flèche blanche, il y avait exactement le même symbole que celui pour lequel elle avait rendu visite à son père : une étoile à sept branches faite de flèches rouges.
- Astrée, nous sommes ici dans la salle de l’Ordre et du Chaos. Le côté droit de cette salle est voué à l’Ordre dont le symbole est cette unique flèche blanche. Le coté gauche de cette salle est sous l’emprise du Chaos représenté par cette flèche multiple. Je viens ici régulièrement...crois-moi si tu le veux ou non, mais je te jure que si le côté droit n’a jamais changé pendant toutes ces années, le côté gauche lui change tout le temps : des trous se créent ou se bouchent, des excroissances grossissent ou diminuent. Les modifications sont lentes mais ce côté de la salle n’est jamais le même.
- Mais que sont l’Ordre et le Chaos?
- Ce sont deux forces anciennes qui luttent pour contrôler les univers. Dans le nôtre elles sont faibles mais les légendes disent que sur d’autres mondes elles sont bien plus puissantes.
- Tu y crois?
- En fait, je n’y croyait pas vraiment, malgré cette salle. Mais cette guerre bizarre et maintenant ce symbole m’incitent à y croire. Si les légendes deviennent vérité alors nous sommes en danger… Suis-moi.
Il se dirigea vers le fond de la salle, là ou se formait une petite niche, à la frontière entre les domaines de l’Ordre et du Chaos. Les bords en était légèrement rugueux mais formaient des lignes droites.
- Ici, c’est le domaine de l’entropie. C’est la troisième force. C’est la plus puissante est aussi la plus faible de trois. Elle doit tout faire pour maintenir l’équilibre entre les deux autres mais ne peut intervenir directement en faveur de l’une ou de l’autre.
Il sortit une petite lampe de poche et éclaira la cavité. Un message gravé sur la pierre apparut. Il était écrit dans une langue aux symboles étranges mais Suly, à son grand étonnement, arrivait à le déchiffrer.
- Est-ce à cause de ce message que je m’appelle Astrée?
- Oui… Un de nos aïeux à découvert cette grotte il y a très longtemps, plus de quatre millénaires selon la légende familiale. Depuis il y a toujours un membre de la famille qui habite près de cette grotte. Ton prénom a souvent été donné dans la famille à cause de cette prophétie. Et si le Chaos est notre ennemi, il se pourrait bien que cette prophétie s’accomplisse. Dans la niche se trouvait quelque chose que je dois te donner.
Il entraîna Suly hors de la grotte, tout en refermant tout le passage et se rendit dans son bureau. Il ouvrit le tiroir de son bureaux et y pris une petite boîte.
- Tiens, c’est pour toi, fit-il en tendant la boîte à Suly. La boîte est récente mais ce qu’elle contient à au moins quatre mille ans.
Suly ouvrit la boîte et y trouva un superbe bracelet en or. Une seule pierre l’ornait. Un énorme diamant noir.

 

Astrée se réveilla brusquement. On frappait à sa porte.
- Astrée… Astrée, fit une voix.
-Oui, répondit-elle d’une voix ensommeillée.
- Il est neuf heures. Lève-toi et rejoins-nous à la cuisine s’il te plaît. Le petit-déjeuner est servi.
C’était la voix de Galmir. Astrée se leva rapidement, ouvrit son placard pour y récupérer ses vêtements. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant l’armoire pleine de vêtements alors qu’elle était vide à son arrivée, hier. Ceux qu’elle portait la veille étaient toujours là où elle les avait posés. Elle les inspecta rapidement : la boîte était toujours là. Apparemment personne n’avait touché à ses affaires.
Elle regarda les nouveaux vêtements et sortit d’une pile une robe légère. Cette robe était parfaitement à sa taille, et même à son goût. Elle la passa et finit de se préparer. Elle quitta sa chambre et, suivant l’unique couloir, se rendit à la cuisine. Le tour de la table était déjà bien encombré : Galmir et plusieurs autres personnes déjeunaient. A son entrée, Galmir se leva.
-Astrée, permet-moi de te présenter tout ce monde.
Galmir fit donc les présentation. En plus de Frison et de Brimbo, il y avait Solia, une jeune humaine légèrement plus grande qu’Astrée, brune, jolie et visiblement d’un âge proche du sien. Il y avait aussi Celendil, un Elfe de grande taille aux cheveux châtains, ainsi qu’Eliwin, une autre jeune Elfe à l’imposante stature pour une femme et d’autant plus pour une Elfe. Enfin, il y avait un jeune humain. Celui-ci ne devait pas avoir plus de seize ans mais il était déjà très grand. Il s’appelait Astor.
Astrée prit la dernière place libre et s’asseya. Astor et Solia échangeait quelques mots avec Celendil et Eliwin, Brimbo parlait avec Frison. Astrée commençait à se sentir un peu exclue quand Frison essaya de l’inclure dans la conversation en lui posant les questions habituelles dans ce cas. Astrée répondit tout d’abord par des " oui " et des " non " puis s’impliqua peu à peu dans un échange banal mais convivial.
Le petit déjeuner se termina tout de même assez rapidement.
Astrée se leva et s’approcha de la porte en annonçant qu’elle sortait prendre l’air quelques minutes. Elle ouvrit la porte, fit quelques pas et s’arrêta, restant bouche bée.
La petite maison ne s’appuyait plus sur un rocher mais sur une montagne et se trouvait toute proche d’une forêt alors que la veille, même dans la nuit, elle n’avait pas remarqué plus de quelques arbres.
Astrée se sentait tourner la tête. Son esprit s’agitait en tout sens, essayant de s’accrocher à la réalité. Elle était au bord de l’évanouissement.
-Hum! Fit la voix de Galmir derrière elle. Tu es surprise n’est-ce pas. Pardonne-moi… j’aurai dû te prévenir.
Astrée se retourna.
- Je ne comprend pas…
- C’est simple. Hier, lorsque j’ai fait ranger leurs affaires à Brimbo et Frison, je vous ai réunis dans la cuisine. Là, j’ai prononcé une formule qui nous a transporté, téléporté, jusqu’ici, à Lernst, dans cette maison qui est la réplique exacte de celle que je possède à Will.
- Vous êtes donc un… sorcier?
- Je préfère me considérer comme un magicien.
- Mais il n’y en a plus depuis longtemps! Ils n’existent plus que dans les légendes, comme celle d’Ifar. Je pensais qu’il n’y avait plus que des élémentalistes.
-Oh, même s’il est vrai que les Magiciens Runiques d’Ifar ont disparus, nous autres ,magiciens, sommes encore nombreux… Cependant nous nous montrons moins qu’autrefois. Et je suis loin d’être le plus puissant des mages. Hystèria, la reine Elfe de Wilkonia, est une très puissante sorcière nécromancienne.
Ces mots rappelèrent à Astrée l’invasion imminente de Mycénia et lui causèrent chagrin et inquiétude pour son père.
- Il faut rentrer maintenant, lui dit Galmir en s’éloignant. Il est presque dix heures et j’ai dit au autres que je devais vous parler. J’espère que les vêtements que je t’ai créés te plaisent….
-Oui, beaucoup, répondit Astrée, retenant ses larmes. J’arrive.
Elle rentra et ils s’assirent tous autour de la table de la cuisine. Seul Galmir resta debout.
- Je pense, commença-t-il, que vous avez déjà tous compris que c’est, au moins en partie, à cause de la guerre que vous êtes là. Et bien, vous avez raison. Si vous êtes ici, c’est à cause de cette guerre… et aussi par ce que vous avez tous quelque chose en commun. Je vois à vos regard que vous vous demandez ce que cela peut être… Je ne veux pas vous brusquer, mais, ce que vous avez en commun, c’est un destin, celui d’Elonia! Et,… j’oubliais,… un bijou. Vous possédez tous un bracelet en or orné d’une unique pierre. Ne le niez pas, je le sais. Si vous ne l’avez pas sur vous, allez le chercher s’il vous plaît.
Certains hésitèrent un instant, mais tous finirent par aller chercher le leur. Astrée récupéra la boîte qu’elle avait cachée et revint à la cuisine. Tous possédaient le même petit coffret.
-Posez vos bracelets sur la table, reprit Galmir.
Tous lui obéirent.
- Un de ces bracelets est le vôtre, mais jusqu’à maintenant aucun d’entre-vous ne possédait celui qui lui appartient vraiment. Comme vous le voyez, reprit Galmir, ils sont identiques, sauf pour la pierre dont ils sont ornés. Choisissez-en un, celui qui vous attire le plus… mais ne le prenez pas tout de suite!
Bizarrement, il n’y eu aucun litige lors du choix. Astor voulu le bracelet à la pierre de Jade, Frison celui à l’obsidienne, Solia prit l’onyx, Brimbo la perle, Eliwin le rubis et enfin Astrée prit le dernier, celui au diamant qu’elle souhaitait depuis qu’elle l’avait vu.
Les choix annoncés, Galmir prit les bracelets et leur demanda de venir dans sa chambre, un par un, en commençant par Astrée.
Un peu surprise, elle le suivit.
- Ferme la porte, s’il te plaît, et assois-toi ici.
Il lui désignait une chaise face au lit sur lequel il venait de s’asseoir.
- Que me voulez-vous? Que se passe-t-il ici? Mon père m’a envoyée à vous mais je ne comprends toujours pas pourquoi.
- Tu vas bientôt comprendre. Vois-tu, j’ai légèrement menti tout à l’heure… ou plutôt j’ai omis quelque chose. Vous n’êtes pas seulement liés par vos bracelets, mais aussi par une prophétie. Le lendemain matin de vos naissances, on trouva un bracelet dans vos berceaux. Près de toi, Astrée, il y avait le bracelet au diamant, celui là même que tu viens de choisir. Par mesure de sécurité, les bracelets ont été intervertis il y a quelques années. J’ai servi d’intermédiaire entre toutes les personnes concernées depuis près de 40 ans, dès la naissance de Celendil en fait. Un de ses parents est un très bon ami… Toujours est-il que je suis le seul, avec le parent de Celendil, à tous vous connaître, ce qui limitait les risques que vous soyez en danger.
- En danger?
- Écoute-moi, tu vas comprendre. La prophétie dont je t’ai parlé a été annoncée il y a très longtemps, au début de la troisième Dynastie, à la fin de la deuxième Grande Guerre. Le Chaos allait gagner cette guerre puisque Elonia, privée des Seigneurs de la Loi, n’avaient plus les moyens de se défendre. C’est l’un des survivants de ces guerriers qui annonça la prophétie :
Lorsque reviendra le temps où le Chaos et…
- Les démons reviendrons sur Elonia, Sept Guerriers porteur de gemmes magiques se lèverons pour défendre Elonia et déferons les forces du Chaos.
Je connais cette prophétie, dit Astrée. Mon père la citait parfois. Mais… pensez-vous, pouvez-vous réellement croire une seule minute que nous puissions être…
- Oui! Je pense sincèrement que vous êtes les Sept Guerriers! Et si toute les recherches que j’ai faîtes toutes ces années se révèlent exactes, je ne pourrais plus rien te cacher lorsque tu porteras ce bracelet. Je préférais tout te raconter avant.
- Que dois-je faire? Je ne me sens pas l’âme d’un guerrier.
- Tu dois essayer! Pour Elonia!
- Bien…. Si ces bracelets sont magiques, comment les utiliser?
- C’est simple. Lève-toi.
Astrée obéit et Galmir lui donna son bracelet.
- Mets-le, et avance d’un pas.
Elle passa le bracelet à son poignet gauche et avança.
- Voilà le moment de vérité. Tu vas répéter ce que je vais te dire. Ne t’inquiète pas, tout ira bien. Pense au bracelet et dis " Par Aaloon ".
- D’accord.
Astrée se concentra sur son bracelet et c’est d’une voix tremblante qu’elle prononça ces quelques syllabes.
Une lumière dorée irradia du diamant de son bracelet, lumière qui se propagea à ce dernier, puis monta le long de son bras, s’étendit à son coté gauche et enfin recouvrit le corps entier d’Astrée. Elle mourrait de peur et n’osait plus bouger, se demandant ce qui lui arrivait. La lumière sembla exploser en une sphère éblouissante qui força Galmir à fermer les yeux un instant. Puis la lueur se contracta et bientôt disparue, laissant à sa place une armure dorée qui recouvrait complètement Astrée. Une longue épée pendait à son côté. Sur le heaume qui laissait le visage libre, un énorme diamant était enchâssé au niveau du front. Il se mit à luire d’une lumière blanche et pure.
Astrée hurla.
D’abord un cri, puis une suite de mots décousus.
- Nooooon! Allez-vous-en! Nooooon! Sortez de ma tête! Non! Non! Taisez-vous!
Sa voix s’était faîte désespérée. Galmir se leva et lui saisit les bras.
- Astrée, calme-toi Astrée, lui enjoignit-il. Concentre-toi. Si tu pense que ces voix se taisent, elle se tairont.
- Oh oui, taisez-vous, taisez-vous. Oh merci!
Elle éclata en sanglots.
- Là, là, fit Galmir. Calme-toi. Ça va mieux? Assois-toi.
Malgré cette étrange armure dorée et couverte d’entrelacs étranges, elle s’asseya sur la chaise. On aurait dit qu’elle ne la portait pas tant ses gestes restaient souples.
- Astrée, grâce à ton armure tu peux lire les pensées des gens. C’est mes pensées, et celles des autres, à la cuisine, que tu as toutes perçues en même temps. Comme tu ne t’y attendais pas, tu as paniqué, sans contrôler ta faculté.
- Ces voix étaient anxieuses et curieuses en même temps.
- C’est normal, non? Tes amis attendent de savoir ce qui t’es arrivé et ils ont dû entendre ton cri.
- La même chose va-t-elle arriver aux autres?
- Non, vous êtes tous différents. Lis dans mon esprit et tu sauras tout.
- Comment faire?
- Il te suffit simplement de vouloir savoir ce que je pense.
- Bien… Ah oui! Ça y est… Oh je comprends! Et… lui!… Oh….
Après quelques minutes Astrée s’adressa directement à Galmir.
- Vous aviez raison Galmir. Vous ne pouvez rien me cacher, pas même vos craintes. Je crois que je vais devoir mûrir… Je vous promet de ne pas révéler vos secrets et de ne rien lui dire… Vous avez toute ma confiance, mon cher Galmir.
Elle se leva et s’arrêta un court instant avant de reprendre avec un grand sourire :
- C’est tout de même dommage nos pouvoirs ne puissent être complets sans nos armures. Elles ne sont pas très discrètes. Par Aaloon.
L’armure brilla légèrement, sembla devenir transparente et disparue dans un éclair lumineux. Seul le bracelet resta. Il avait rétrécit et était maintenant d’une taille qui le laissait courir librement sur une partie de son avant bras mais qui empêchait Astrée de le retirer. Elle ne le regarda même pas car elle le savait déjà. Sans un mot elle sortit de la pièce et referma la porte sur un Galmir souriant.
Les autres, qui l’avaient entendue hurler, attendaient avec anxiété. Ils virent qu’elle portait son bracelet, et qu’elle allait bien, ce qui les rassura. Elle finit de dissiper leurs craintes en leur disant que la peur qu’elle avait eu était ridicule et inutile. Elle appuya ses paroles en émettant des ondes empathiques apaisantes.
Frison décida d’être le suivant.
Il entra dans la chambre de Galmir qui lui remit son bracelet. Au mots de " Par Aaloon " le même phénomène se reproduisit. L’armure de frison était tout de même très différente de celle d’Astrée. Faîte d’un métal sombre, une grosse Obsidienne en ornait le poitrail et elle possédait une épée courte. Cette armure possédait la faculté de réagir à son environnement, un peu à la manière d’un caméléon, pour permettre à son porteur d’être presque invisible. Frison retira son armure et sortit de la chambre.
Eliwin fut la suivante. Elle reçut le bracelet au rubis. Elle fit apparaître son armure selon les explications de Galmir. Celle-ci semblait être en mithril et possédait un extraordinaire rubis placé au dessus de la poitrine. Elle possédait une épée longue, , une arbalète et deux dagues. L’armure décuplait la force, la vitesse et l’agilité d’Eliwin.
Puis, Celendil reçut le bracelet à l’émeraude. Son amure était d’or au reflets verts et une émeraude ornait sa poitrine. Ses armes étaient un grand arc et une longue épée.
Brimbo suivit.
- Entre, répondit Galmir au petits coups frappés à sa porte.
Brimbo pénétra dans la chambre et referma la porte derrière lui.
- Tu fais parti de ceux avec qui je dois discuter un peu plus avant d’aller plus loin, reprit Galmir. Comme tu as dû le remarquer, tous ceux qui sont déjà venus sont sortis avec leur bracelet. Même si cela ne voit pas, ils ont tous changés. Cela va être ton tour. Ne t’inquiète pas, ce changement n’a rien de maléfique, au contraire. Mais lors de ce changement, tu vas avoir des visions qui seront crées par l’enseignement que tu vas recevoir. Elles vont durer seulement quelques secondes, mais tu auras l’impression que ce sera beaucoup plus lent et très réel. Rappelle-toi que ce ne sont que des visions et non la réalité, et tout ira bien.
- Dois-je vraiment prendre ce bracelet?
- Personne ne peut-t-y obliger. Mais je pense que tu dois le faire.
- Allons-y alors.
Il avait voulu dire cela d’une voix assurée mais celle-ci avait tremblé. Galmir lui remit son bracelet et ses dernières instructions. C’est avec hésitation que Galmir prononça " Par Aaloon ". Comme pour les autres, une magnifique armure apparue.
Elle était d’argent et une superbe et énorme perle en ornait le frontal. Cette armure était équipée d’un petit bouclier rond sur l’avant-bras gauche et d’un marteau de guerre, eux aussi en argent.
La perle émit un rayon laiteux qui dura un court instant. Dès son apparition, les yeux de Brimbo parurent s’agrandir sous l’effet d’une intense terreur et sa bouche s’ouvrit comme pour crier mais aucun son n’en sortit. Le rayon disparut brusquement et Brimbo retrouva rapidement une expression normale.
- Je les ai tous vus! Les zombies, les nécrophages, les spectres,… les Démons! C’était horrible de réalité mais maintenant je sais quoi faire contre eux. Je suis prêt à les rencontrer… mais je préfèrerai que ce soit le plus tard possible. " Par Aaloon ".
L’armure se dissipa.
- Va maintenant.
- Bien, répondit Brimbo en sortant.
Astor prit la Suite. Il reçut son bracelet de Jade et, lorsqu’il eut prononcé la phrase clé et que la lumière eut disparut, la plus belle des armures, juste devant celle d’Astrée recouvrait son corps. Elle était d’or, couverte d’entrelacs comme les autres, et une très grosse pierre de jade protégeait l’emplacement de son cœur. Son armure possédait une arme à aucune autre semblable. C’était une longue épée à deux mains. Elle était réalisée dans un alliage plus solide de le plus résistant des aciers. Le pommeau et la garde étaient incrustés de jade. Sur la lame étaient gravés d’étranges symboles. Cette épée était visiblement magique. L’armure possédait aussi une lame rétractable dans chacun des avant-bras, lames qu’Astor pouvait faire surgir d’une simple pensée. Elles étaient réalisées dans le même alliage que l’épée.
Après avoir fait disparaître son armure il sortit. Il trouva les autres autour de la table, sauf Solia qui attendait près de la porte avec anxiété. Elle entra dans la chambre de Galmir et referma la porte sur elle. Astor remarqua que ses nouveaux amis avaient l’air perdus dans leurs pensées. Personne ne parlait.
- Joins-toi à nous et raconte nous ton expérience.
Il semblait à Astor que c’était la voix d’Astrée qu’il venait d’entendre mais il ne l’avait pas vu parler.
- Viens, assois-toi.
Toujours la même voix. Et il était sûr de n’avoir vu personne parler.
- C’est moi, Astrée, qui te parle. Étonné? Eh oui! Je te parle par télépathie comme je le fais avec les autres depuis qu’ils sont sortis.
- Assois-toi, reprit-elle à haute voix.
Tous la regardèrent. Astor les rejoignit et s’asseya. Il comprenait maintenant les regards étonnés des autres lorsqu’ils étaient revenus dans la cuisine. La dernière d’entre eux étant avec Galmir, la conversation reprit normalement.
Dans la chambre de Galmir, Solia se demandait ce qu’elle faisait là.
- Tu as dû remarquer que les six autres portent maintenant leur bracelet, lui disait Galmir. Je vais te donner le tien. Tu vas le mettre et dire " Par Aaloon ". Dès que tu auras prononcé ces mots, tu ne devra plus rien dire, ni bouger, jusqu’à ce que je t’en donne l’autorisation. Compris?
- Oui.
- Alors, voilà ton bracelet, celui à l’onyx.
Solia le passa à son poignet et, comme pour tous les autre, une lumière intense se propagea autour de son bracelet et enfin à tout son corps. L’armure qui apparut alors semblait d’or comme celle d’Astrée mais aussi composée de plusieurs couleurs mouvantes dont la somme serait cette couleur dorée. C’était le résultat de l’écran anti-magie que produisait cette armure. Une dague était la seule arme qu’elle possédait. Une pierre grise, veinée de noir, ornait le frontal du casque
Elle émit un rayon noir d’encre qui se mua en une blancheur éclatante. Ce rayon se dirigea vers Galmir mais fit demi-tour avant de l’atteindre et fonça sur Solia qu’il atteignit au niveau du cœur. Il parut s’enfoncer en elle et disparut.
Les yeux de Solia brillèrent d’un éclair blanc et ses pupilles vertes perdirent définitivement cette couleur pour devenir grises, finement veinées de noir, comme l’onyx de son armure.
Elle ouvrit la bouche et Galmir cria:
-Non! Ne parle pas, ne bouge pas! Réfléchis bien avant de parler. Ne prononce aucun mot avant d’avoir bien réfléchi à ta phrase. Au début tu vas parler très lentement mais tu pourra demander à Astrée de t’aider. Et moi je t’apprendrai à contrôler tous ces mots nouveaux dont ta tête est pleine. Leur magie est puissante et tu dois apprendre à contrôler ce pouvoir.
- J’ai… bien com… pris. Com… ment As… trée pourra… m’aider?
- Elle est télépathe. Tu pourra communiquer avec elle par la pensée et tu ne déclencheras pas de cataclysme. Elle t’aidera à mémoriser très rapidement les différentes formules. Dis de nouveau " Par Aaloon " et tu pourras sortir.
- Par… Aaloon.
L’armure disparut. Quand elle sortit de la pièce, accompagnée de Galmir, elle trouva les autre plongés dans une discussion animée, échangeant leurs expériences pour la énième fois. Quand ils remarquèrent Solia, ils l’assaillirent de questions.
Devant son silence, ils furent étonnés.
- Il vaut mieux qu’elle ne parle pas pour l’instant, dit Galmir. Astrée, tu peux lui parler télépathiquement, elle t’expliquera.
Usant de son pouvoir, Astrée compris rapidement la raison du mutisme de Solia et l’expliqua à leurs amis.

- Oui Seigneur. Ici, aussi, tout se déroule comme prévu. La victoire est certaine. Je vous ferai un nouveau rapport dans une semaine.
Celle qui venait de prononcer ces mots était une très belle jeune femme. La trentaine avait rendu son corps désirable et plein de féminité. Ses long cheveux, peignés en une coiffure extraordinairement compliquée, encadraient son visage aux yeux bleus d’un casque d’or. Ses oreilles pointues et sa silhouette gracieuse trahissaient sa race : c’était une Elfe.
Elle venait de s’adresser à un brouillard qui finissait de se dissiper.
- Brr… Il me fait froid dans le dos mais, grâce à lui, plus de deux siècles de dur labeur vont être récompensés. Je régnerai bientôt sur Elonia. Oui, moi Histéria, je serai prochainement la première Reine à régner sur Elonia toute entière. Ce Seigneur Kiahoror du Chaos me fait peur… mais il ne peut rien contre moi! Il est lié par un pacte et il n’osera pas trahir sa parole. Aaloon, ce vieux crétin de Dieu, à encore cette dernière utilité. Je dois dire que ce Seigneur du Chaos à eu une idée extraordinaire. Dans trois mois au plus tard j’aurai écrasé tout résistance sur cette planète. Les Guerriers de la prophétie n’ont pas fait leur apparition. Ils ne viendront pas! La victoire est mienne!

 

Les derniers rapports étaient affolants. La réunion d’état-major qui venait de s’achever n’avait rien apporté. Bien sûr que son père avait raison! L’Armée avait rappelé le vieux Général en retraite car il demeurait l’un des plus brillants stratèges et tacticiens encore vivants.
Le Colonel Suly Gill se sentait bien inutile.
Un bip retentit. Il venait de son communicateur posé sur le bureau.
- Oui, répondit-elle, Colonel Gill.
- Suly, c’est ton père. Si tu pouvais venir à la maison. Il y a ici quelques personnes que je voudrais te présenter.
- J’ai deux ou trois comptes-rendus à expédier et j’arrive.
- A tout à l’heure.
Elle coupa son communicateur.
Son père avait posé une condition à son retour dans l’état-major de la confédération : il ne voulait pas quitter son appartement. On l’avait donc autorisé à l’utiliser comme bureau.
Un peu moins d’une heure plus tard, la porte de l’appartement de son père s’effaça devant Suly.
- Te voilà enfin. Viens vite dans mon bureau, il faut que je te présente.
Ils pénétrèrent dans le bureau du vieux Général.
- Voici Max Tit’lie, ingénieur, Miggia Lugia, spécialiste des techniques de communications et enfin Bob Kany qui était il y a trois jours encore dans le système d’Orion. Mes amis, permettez-moi de vous présenter ma fille, le Colonel Suly Gill.
Pendant le traditionnel échange de poignées de mains, Suly observa les invités de son père. Max Tit’lie était un mutant, un des " produits génétiques " de l’unique Guerre atomique qu’est connue la Terre. Le génie génétique avait réussi à stabiliser les mutations anarchiques des débuts, mais pas encore à permettre la disparition des mutants. De plus leur présence parmi la population terrienne rappelait au genre humain son erreur passée et semblait dire : " p lus jamais ça! ". Max possédait donc une paire de bras supplémentaire et sa tête était trop longue : on aurait dit que quelqu’un s’était amusé à la tirer pour lui donner cette forme. Miggia Lugia, quand à elle, était une indigène de Dschubba 4, la quatrième planète de cette étoile du Scorpion. Comme pour tous les Dschubbiens, sa forme était très proche de la forme humaine. Elle était seulement un peu trop mince et sa peau était noire. Contrairement à certain humains qui ont la peau très sombre, celle de Miggia était aussi profondément noire que l’espace. Cette couleur venait de l’évolution de cette espèce mi-animale, mi-végétale qui absorbait la lumière pour s’en nourrir. Elle portait un vêtement aux couleurs vives et bigarrées et des gants blancs recouvraient ses mains à quatre doigts.
L’aspect tassé et râblais de Bob Kany, ainsi que sa façon de bouger, trop rapide, indiquaient que cet humain était né sur une planète à forte gravité. Son ossature et sa musculature s’étaient développées de façon à résister à la gravité de sa planète natale, un peu plus de deux fois supérieure à celle de la Terre.
- Bien, reprit le général après ces échanges de civilités. Max, commençons par vous. Je crois savoir que vous avez de bonnes nouvelles.
- En effet. Mon équipe viens de terminer l’étude d’une toute nouvelle série d’armements. Cela va des armes portables aux chasseurs spatiaux, en passant par les véhicules terrestres. Nous avons équipés ces engins de nouveaux blindages et des dernières générations de moteurs et d’armes. Nous planchons maintenant sur de nouveaux boucliers. Les informations que vous m’avez fourni sur les armes étranges utilisées par nos ennemis laissent penser qu’elles sont presque toute énergétiques. Et comme vous le savez, personne n’a encore réussi à créer un bouclier réellement efficace contre ce type armes. Nous voulons utiliser l’effet Clockys-Armm, du nom de ses découvreurs, qui crée un champ annulant toutes émission énergétique. Le passage de la théorie à l’application est difficile, mais je crois pouvoir dire que nous espérons réussir très bientôt.
Les premiers essais sont encourageants. Voici les dossier techniques de notre nouvelle gamme : fusil multifonctions AA-26-C, chasseur SpaceRider, SpaceFighter, bombardier SpaceKiller, navette Triton II, Chasseur de reconnaissance SkyLooker, ainsi que nous nouveaux appareils terrestres Runner, HardRunner II et AssaultGun.
Le général pris les documents et les passa à Suly. Celle-ci étudia les différents plans et notices techniques quelques instants. Ce matériel lui semblait très bon. Les caractéristiques théoriques était très intéressantes. Si leurs performances réelles était approchantes, ces engins seraient peut-être un avantage dans cette guerre.
-Nous avons aussi étudié les armes utilisées dans le passé par nos ancêtres, reprit Max. Nous avons reprit les plans d’une arme inventée au début du vingt deuxième siècle. Cette arme n’avais jamais été construite car la technologie nécessaire n’était pas au point à cette époque et le coût des ces appareils aurait été exorbitant. Cette arme est construite sur la base d’un avion de combat nommé F45. C’est en fait un robot qui peut prendre soit la forme d’un avion, soit une forme humanoïde. Son intérêt est élevé, aussi bien pour les combats aériens que pour les combats en milieu urbain. Nous avons adaptés ses armes au combat spatial, mais, à cause de leur lourd armement, nous n’avons pas pu équiper ces robots de moteur hyper-spatiaux. Leur rayon d’action est donc assez réduit mais leur puissance de feu est absolument extraordinaire! Mais le plus étonnant, c’est leur très grande maniabilité et leur rapidité de réaction aux commandes du pilote : ils sont commandés directement par la pensée, un peu à la manière d’un jeu interactif.
- En avez vous les plans ici?, voulu savoir Suly.
- Non, mais nous livrerons bientôt un exemplaire prototype à votre père. Au fait, quelqu’un aurait une idée pour baptiser ce petit bijou? Nous ne lui avons pas encore trouvé de nom.
- Pourquoi pas F45-FlyRob, proposa Miggia. Ce nom est facile à retenir.
- Adjugé. Bien, j’ai fini mon rapport, Général.
- A vous alors, Lugia, déclara le général Gill. Faîtes-nous part de vos travaux.
- Nous avons enfin réussi à faire passer des ondes radio dans l’hyperespace. Vous savez ce que cela signifie : nous pouvons envoyer des messages n’importe où dans l’univers en un instant. Plus besoin d’envoyer un vaisseau dans l’hyperespace pour ramener un message. Là où il fallait plusieurs heures dans le meilleur des cas, il ne faut plus que quelques secondes. Les appareils de commandement, plus quelques autres, vont être équipés de ce système dans les deux mois à venir. On y adjoindra les nouveaux modules de codage décodage dont nous venons de finir les test. Il faut plus de six mois de calculs au fameux Kriss 120 pour décoder un message sans les vingt clés différentes. Même l’absence d’une seule des clé équivaut à n’en posséder aucune car elles se décodent les unes les autres. Et vous savez bien qu’au bout de six mois les informations n’ont plus besoin d’être secrètes.
- Merci beaucoup, Lugia.
Le général se leva, ouvrit un tiroir et en sortit une feuille de papier pliée en quatre. Suly le reconnu de suite : c’étai le papier sur lequel était dessiné le symbole du Chaos. Le général présenta la feuille à Bob Kany.
- Bob, reconnaissaient vous ce symbole?
- Oh oui…, répondit-il sombrement. Il est peint sur tous les fuselages des vaisseaux ennemis, sur le coté gauche. Sur le coté droit il y a aussi un symbole, mais j’en ai vu au moins trois différents.
Pour le général il n’y avait plus aucun doute. C’était bien le chaos qu’ils combattaient.
Bob reprit la parole.
- Leurs armes spatiales, comme vous le savez, semblent identiques aux nôtres, sauf quelques rayons qui semblent surgir de quelque part au dessus de leurs chasseurs biplaces. En combat terrestre, par contre, ils semblent invincibles. Mon frère, avant de mourir dans mes bras, m’a avoué n’avoir rien compris à la bataille. Ses camarades sont morts comme des mouches. D’après lui, les troupes ennemies se déplacent à pieds et n’utilisent aucune arme conventionnelle. Et pourtant ils gagnent. Leurs chefs porteraient même des épées, comme à l’aube de notre civilisation. Mon frère délirait mais il a même affirmé qu’il ne s’était pas battu contre des humains, mais contre une race extra-terrestre inconnue.
- Est-ce une plaisanterie?, fit Max.
- Ce témoignage est digne de foi, répliqua le général Gill. Des jours difficiles nous attendent. Max, quand pensez-vous avoir construit assez d’engins pour équiper une unité?
- D’ici deux à trois semaines, je pense. Nous faisons le plus vite possible.
Le vieux général se leva.
- Bob, après avoir vu sa planète natale tomber et sa famille décimée à décidé de s’engager dans l’armée. Les psychotests et les tests physiques qu’il a subit sont très bons. Il est incorporé sous le grade de Lieutenant. Il servira dans une unité commando que la Présidente de la confédération m’a demandé de constituer. Cette unité sera équipée en priorité de tous les nouveaux armements et pourra être utilisée sur tous les terrains. Elle ne sera formée que des meilleurs dans leur domaine. L’État-Major a constituer une liste des officiers capables de commander cette unité. Elle ne contient que deux noms. Et on m’a demandé de trancher. J’ai longuement hésité, mais je vous annonce que le Général Astrée Suly Gill prendra ses fonctions au sein de cette unité dès demain matin.
Suly ne savait plus que penser. Elle avait entendu des rumeurs sur cette unité, mais on disait que le colonel John Russ devait en avoir le commandement. Ce colonel était courageux, intelligent et rusé. Il aurait fait un parfait commandant pour cette unité, pensa-t-elle. Puis, la fierté et l’orgueil aidant, elle se dit aussi qu’elle avait tout autant de qualité pour réussir. Si son père l’avait choisie, c’était à coup sûr pour de bonnes raisons : il n’était pas hommes à privilégier sa propre famille, surtout maintenant qu’une guerre avait éclatée. A ce jour, il n’avait jamais aidé Suly dans sa carrière. Pourquoi commencer maintenant?

 

Si un visiteur avait pu pénétrer dans la plus grande des pièces de la maison de Galmir, qui se trouvait tout au fond, sous la montagne, il aurait été très surpris par le spectacle qui s’y déroulait.
Trois jeunes gens, un humain, un elfe et un nain faisaient, avec leurs armes, de grand moulinets dans le vide, comme s’ils cherchaient à frapper quelque ennemi invisible.
Un autre, un hobbit semblait-il, était accroupi au fond de la pièce et faisaient des petits mouvements avec des outils. S’il y avait eu là une porte, au lieu d’un mur nu, on aurait pu croire qu’il essayait de la crocheter.
Un asile de fous! Voilà ce qu’aurait pu penser ce visiteur en contemplant ce lieu.
En fait, Astor, Eliwin, Brimbo et Frison s’entraînaient sur des illusions crées par Galmir. Depuis le 30 mai, quinze jours auparavant, ils s’astreignaient à un entraînement intensif, du petit matin au coucher du soleil.Astor et Eliwin maniaient maintenant leur armes avec habileté et Brimbo tranchait avec sa hache comme un véritable Guerrier Nain. Il avait, de plus, appris de nombreuses incantations qui détruisaient les non vivants et contraient la nécromancie.
Plus aucunes serrure non magiques ne résistaient à Frison. Seule Astrée, qui décelait ses pensées, ne se laissait jamais surprendre par les chapardages et les surprises de Frison. Il affectionnait, au grand énervement de tous, chiper les affaires de ses amis et leur faire peur en apparaissant subitement; grâce à son armure, il se dissimulait et approchait sans bruit de sa victime. Il apparaissait alors en faisant un grand " Bouh!! ". Solia, fâchée, l’avait d’ailleurs rendu réellement in visible pendant plusieurs heures. Personne, hormis elle-même et Astrée ne pouvait le voir et l’entendre. La punition avait été dure pour lui, mais loin de l’avoir guéri, il choisissait maintenant ses victimes avec plus de circonspection et s’en prenait volontiers au calme Brimbo.
Astrée s’entraînait aussi, mais ses capacités réelles étaient toujours inconnues, faute de cobayes.
Celendil passait ses journées à chasser, ce qui lui avait permit d’apprendre connaître les plantes qui guérissent et celles qui tuent. Il parlait aux animaux et apprenait les secrets de la nature d’Elonia.
Quand à Solia, elle avait rapidement dépassée son maître et Galmir n’avait plus rien à lui apprendre. Son armure lui inspirait les sorts dont elle avait besoin, mais l’invocation des sortilèges les plus puissants la fatiguait énormément.
Depuis quinze jours, ils étaient isolés dans les montagnes et Galmir décida qu’il fallait avoir des nouvelle récents de la situation d’Elonia et de la progression des armées de Wilkonia. Il envoya donc Astrée, Frison et Astor à Lernst. Ils partirent donc tôt le matin, pour y être avant le repas de midi. Il y avait en effet 3 bonnes heures de marche de la maison de Galmir jusqu’à la petite ville.
Arrivés un peu plus tôt qu’ils le pensaient, ils décidèrent de faire quelques courses. Astor entra chez un armurier et y acheta 2 poignards. Leurs poignées étaient incrustés d’or et les lames en acier était très fines et à double tranchant. Il ressortit du magasin et présenta un des poignard à Astrée.
- Tiens, Astrée, c’est pour toi.
- Oh, je ne peux pas accepter. J’ai les moyens d’en acheter un et...
- C’est juste que j’ai remarqué que tu ne possédais aucune arme. Il faut bien que tu puisse te défendre sans ton armure… Et puis, j’en ai aussi acheté un pour Solia.
- Bon, d’accord. Je le prend! Merci beaucoup, fit-elle en l’embrassant sur la joue.
- Ce n’est rien, fit-il en rougissant.
-Et moi, on m’oublie? Je n’ai droit à rien, déclara Frison.
Astor un peu gêné ne savait que répondre.
-Heureusement que je pense à moi, reprit Frison. Si je devait attendre que l’un d’entre vous m’offre quelque chose, je tomberai en poussière!
- Si tu n’embêtait pas tout le monde…, fit Astrée.
- Oh! Vous n’avez aucun humour… Mais regardez ça.
Il sortit un petit ceinturon décoré de gemmes de sous sa veste.
- Vous n’avez rien vu, hein? L’armurier non plus!
Astor et Astrée se regardèrent un instant puis se mire à rire, Frison se joignant à eux.
Ils arrivèrent devant l’auberge. Il y entrèrent et commandèrent un repas. Il s’assirent à une table dans un coin de la salle pour attendre leur commande.
- Astrée, chuchota Astor, peux-tu savoir ce qui s’est passé ces deux dernières semaines?
- J’essaye. L’aubergiste à eu des nouvelles hier : Mycénia tient encore mais plus pour longtemps. Ils sont à bout. Yarn et Vlor sont tombées à leur tour et une armée se dirige vers Johnak. Et… Oh!
- Qu’y a t’il?
- Vous voyez ces trois hommes habillés tout de noir, là-bas près de la cheminée?
- Ceux qui portent un chapeau?, répondit Frison.
- Oui. J’ai vu deux hommes habillés comme cela, l’autre jour, à Will.
- Le jour ou tu es arrivée?, reprit Frison.
- Exactement.
- Hé bien, fit Astor. Qu’ont-ils de particulier?
- Je n’arrive pas à percevoir leurs pensées. Ce n’est pas normal. Il faut savoir qui il sont. L’aubergiste, en tous cas n’en a aucune idée : il les voit pour la première fois.
- Finissons notre repas et suivons-les, proposa Astor. Dès qu’ils partirons, on les prendra en filature. Peux-tu contacter Galmir d’ici?
- Pas sans mon armure : il est trop loin.
- Tant pis, on se débrouillera seuls. Ils faut savoir qui ils sont.
Quelques instants plus tard, un de ces hommes se leva et alla voir l’aubergiste. Il lui chuchota quelque chose à l’oreille en lui glissant deux pièces d’or.
L’aubergiste regarda l’homme étrangement un instant et répondit à haute voix.
- Je n’ai pas vu d’étranger ici, à part ces trois là qui mangent et… il ne sont pas sept! Et il n’y a pas de nain avec eux! Juste un hobbit!
Astrée comprit immédiatement et avertit télépathiquement ses amis.
- Ces hommes nous cherchent. Il faut vraiment s’en occuper et savoir ce qu’ils nous veulent!
Astrée attendit deux ou trois minutes, se leva et alla régler le repas. Astor et Frison se levèrent à leur tour et ils sortirent de l’auberge.
Les trois hommes sortirent peu après eux et se mirent à suivre les trois jeunes gens.


 

Remmener-le dans son cachot! Il peut encore servir…
-Bien.
Deux gardes détachèrent un homme d’un chevalet. Il avait du être écartelé car ses bras pendaient comme s’ils n’étaient plus accrochés à ses épaules.
- Soignez-le!
Hystèria se mit à penser à haute voix.
- Si ce qu’il nous a dit est vrai, il nous sera utile dans quelques temps. Ainsi sa fille serait une des Guerriers d’Aaloon. Je pensais qu’ils n’étaient que légende… Mais que pourront-ils contre les forces du Chaos et les armes que nous allons utiliser d’ici quelques jours. Ils sont si jeunes…
Elle appela.
- Gardes!
- Oui, vôtre majesté, répondit un elfe de grande taille.
- Faîtes venir une quinzaine de mes espions Drolochs.
- Bien, vôtre majesté.
Il revint bientôt accompagné d’une quinzaine d’hommes habillés de noir.
- Vous allez rechercher sept jeunes gens et leur mentor, un Nain. Il forment un groupe qui comprend un nain, deux elfes, un hobbits et trois humains. Faîtes attention et soyez discrets : ils peuvent être très dangereux. Trouvez les! Vous travaillerez par trois. Si vous les trouvez, l’un d’entre vous reviendra m’indiquer leur position et les autres continueront de les surveiller.
Hystèria prononça des syllabes incompréhensibles.
- Vous pouvez disposer.
Les quinze hommes sortirent de la salle. Un homme se tenait sur le palier de cette salle de torture. Il possédait toutes les caractéristiques d’un elfe. Il entra dans la pièce.
- Pourquoi cette puissante incantation?
- Eh bien Gauror! Il se trouve que je viens d’apprendre que les guerriers d’Aaloon sont revenus!
- Par les Sept Enfers! Nous pensions qu’ils ne viendraient plus! Si ton information est valable, je comprends pourquoi tu as protégés ces Drolochs contre les attaque psy. Penses-tu que cette incantation sera suffisante contre le Guerrier-Diamant?
- C’était ma plus puissante incantation de protection… l’avenir nous dira si elle était suffisamment puissante. Ils sont jeunes… Et nous avons capturer le père de l’une d’entre eux. Il nous servira sûrement.
- Bien. Mon maître continue de nous faire parvenir les armes...l’entraînement de notre unité d’élite se poursuit.
- Parfait Gauror. Les Eloniens vont avoir une bonne surprise.

 

Astrée, Frison et Astor marchaient d’un bon pas. Bien qu’ils soient discrets, Astrée était sûre que les trois hommes en noir les suivaient toujours. Elle en informa Astor et Frison et ils décidèrent de les attaquer peu avant d’arriver chez Galmir; de là Astrée pourrait contacter leur amis pour les prévenir.
A l’orée de la forêt il n’y avait plus qu’une vingtaine de minutes de marche jusqu’à la maison de Galmir.
Dès qu’il pénétrèrent dans la forêt, Astrée tenta de prévenir leurs amis et elle reçu la réponse de Celendil. Elle lui expliqua brièvement la situation. Celendil lui répondit qu’il prévenait immédiatement le reste de la compagnie et qu’ils arrivaient.
A quelques minutes de la maison, Astrée perçut l’esprit de Solia qui cherchait le sien.
- Nous sommes cachés dans le bois. Nous allons laisser passer les trois hommes, et dès que nous seront derrière eux, nous les prendrons à revers. Lorsque vous entendrez notre " cri de guerre ", revêtez vos armures et aidez nous à les capturer. Ainsi nous pourrons les prendre vivants.
Respectant son rôle de coordinatrice, Astrée transmit ces informations à Frison et Astor.
Quelques instants plus tard un cœur de voix, venant de derrière eux, leur parvint.
- Par Aaloon!
Ils se retournèrent en prononçant les même mots.
Les trois hommes en noir surpris, quittèrent l’ombres des arbres sont lesquels il avançait depuis l’orée de la forêt et se placèrent au milieu du chemin. Là ils se virent pris entre deux feux : Astrée, Frison et Astor leur faisant face, Solia et Celendil venant de leur arrière droit et ,enfin, Eliwin et Brimbo se trouvant à leur arrière gauche. Leurs adversaires étaient vêtus d’armures flamboyantes. Ils comprirent de suit qu’il venait, malheureusement, de trouver leurs proies.
L’épée d’Astor brillaient d’une lumière bleutée, surnaturelle. La hache de Brimbo jetait des éclair blanc et semblait pressée de s’abattre sur un des hommes. Solia prit une petite pincée de sable dans une bourse et la lança en l’air en prononçant une de ses formules magiques. Elle pointa son index vers un des hommes qui s’effondra comme une masse. L’onyx de son armure de Solia jeta un bref éclair.
Les deux hommes en noir restant réagirent enfin et tirèrent de leurs fourreaux des épées à l’acier noir. Leur vêtement sembla se transformer et, l’illusion cessant, ils apparurent vêtus d’une armure noire ornée d’une étoile rouge sang barrée d’un éclair vert : les couleurs d’Hystèria.
L’un d’entre eux, la croyant peut-être plus faible car elle n’avait pas dégainé son épée, fonça sur Astrée et se figea, incapable de faire une mouvement. Astrée venait de le paralyser par la seule force de sa volonté. Le dernier, se voyant seul contre sept, essaya de fuir dans la forêt, mais Celendil le rattrapa rapidement. L’homme fit mine de vouloir se battre mais, voyant Astor arriver à son tour, il lâcha son arme. Il ôta son chapeau, découvrant deux petites cornes poussant juste au dessus de ses tempes.
Il porta une main à sa tempe droite et en saisit la corne.
- Vous nous avez vaincu, mais je gagne quand même, ricana-t-il.
Il brisa sa corne et s’effondra, mort. Astor et Celendil restèrent un instant interdits, puis s’approchèrent du corps : pas de doute, l’homme était bien mort. Malgré un fouille soigneuse de la zone ils ne retrouvèrent pas la corne que l’homme avait brisée.
Pendant ce temps leurs amis avaient attachés les deux survivants et réveillé celui endormit par Solia. Astor et Celendil les ayant rejoints, la troupe rejoignit la maison de Galmir. En chemin Astor raconta la mort de l’homme. Brimbo fit sauter du bout de sa hache le chapeau d’un des prisonniers pour vérifier la présence des cornes. Elles étaient là.
- Ce sont des Drolochs, fit Brimbo.
Entendant le noms de leur race, les deux Drolochs se tournèrent.
- Comment nous connaissez-vous?, cracha l’un d’eux.
- Ce n’est pas important, répondit Brimbo. Ce qui l’est, c’est que les Drolochs sont des démons, de la plus basse catégorie, mais des démons tout de même. Le chaos les emploie comme espions. Celui qui s’est tué en brisant sa corne a transmis tout ce qu’il a vu a celui qui l’avait envoyé. En se tuant, il a dévoilé notre présence…
Ils étaient arrivé. Galmir les attendait sur le pas de la porte.
- Hum, fit-il. Des Drolochs… Interrogeons-les.
On les fit asseoir à même le sol de la cuisine. Tous avaient fait disparaître leurs armures sauf Astrée car son pouvoir allait servir.
Astor demanda:
- Que cherchiez-vous ici?
Il n’obtint pas de réponse. Astrée commença à leur donner une forte migraine, les empêchant de se concentrer.
Astor reposa sa question.
- Vous, répondit l’un d’entre eux.
- Pourquoi?
Aucune réponse ne venant, Astrée accentua sa pression. Leurs nerfs commencèrent à transmettre des signaux de douleur et il leur sembla que des flammes léchaient leurs corps. Le bouclier psy qui les protégeait était près de tomber.
- Pourquoi, questionna Galmir.
Leur résistance à ne pas répondre à la question amena la réponse dans leur esprit. Astrée le sentit et, cheminant le long des bribes de pensées qu’elle déchiffrait, elle détendit puis rompit les mailles du bouclier. Le bouclier n’existant plus, les questions devinrent inutiles; Astrée pouvait obtenir toutes les réponses qu’elle souhaitait.
- Ils nous cherchaient sur ordre d’Hystèria. Ils devaient nous trouver. L’un d’entre eux aurait du aller la prévenir dès qu’ils nous aurait trouvés ou qu’ils avaient une piste. Mais ils n’étaient pas sûr que nous soyons ceux qu’il cherchaient. Et ils nous ont suivis tous les trois, en désobéissant à leurs ordres.
- Comment nous ont-ils trouvés?, fit Frison, et comment savaient-ils que Galmir nous instruisait?
Astrée suivit encore le flux des pensées d’un des Drolochs.
- Avec l’aide d’un traître, Hystèria a capturé puis torturé un homme qui nous connaissait.
- Qui?, demanda Astor
- Il n’en savent rien… Ce ne sont que des sous-fifres et ils ne sont pas dans le confidences d’Hystèria. Je n’arrive pas à tirer autre chose d’intéressant de leurs cervelles. Ils n’avaient qu’une mission, qu’un but et uniquement les informations pour l’atteindre.
- Que faisons nous d’eux?, demanda Eliwin.
- Renvoyons-les en enfer, fit Brimbo.
- Mais on ne peut pas tuer un être vivant de sang-froid, dit Solia.
- N’oubliez pas ce que je vous ai appris, fit Galmir. De toute manière les Drolochs sont des démons crées par magie, pas de véritables êtres vivants. Je suis d’accord avec Brimbo.
Astor, Celendil, Eliwin et Brimbo conduisirent les prisonnier au dehors et s’éloignèrent un peu de la maison. Il rentrèrent quelques minutes plus tard.
- C’est fait, déclara Eliwin.
- Jeunes Guerriers, déclara Galmir, les évènements me disent que l’heure n’est plus à l’entraînement mais à l’action. Votre sécurité n’est plus assurée ici. Hystèria doit être au courant de votre présence ici, après le suicide du Droloch. Pourtant je pense que vous n’êtes pas encore vraiment prêts.
Il s’interrompit et, aucun des jeunes gens ne répondant, il reprit.
- Vous ne maîtrisez pas encore tous vos pouvoirs et il vous reste encore bien des choses à perfectionner ou à découvrir. Je sais que le temps presse, que les armées de Wilkonia avancent vite, mais je pense que si vous vous lancez dès maintenant dans la bataille, vous serez vaincus. Cependant je ne peux prendre aucune décision pour vous. Vous devez vous-même décider de votre conduite. Que Faala vous guide dans votre choix.
Les jeunes gens tinrent séance tenante un conseil de guerre à propos des différents événements de la journée
Les résolutions furent difficiles à prendre mais elles furent décidées à l’unanimité. Ils avaient choisis, pour l’instant de partir se réfugier sur Wislo ou Wislinia, îles d’où venait Solia. Son père possédait une petite exploitation sur Wislo et était chef d’un petit village. Solia avait émis l’hypothèse que, ces îles ne possédant aucunes ressources particulière, Hystèria ne s’y intéresserait pas avant quelques temps.
Lorsque Galmir appris leur décision, il la jugea sage car elle leur permettrait de continuer à s’entraîner quelques temps.
- Je ne suis jamais allé sur une de ces îles, expliqua-t-il, aussi je ne pourrais donc pas vous y téléporter. Ce sort est très compliqué pour Solia. Elle pourrait certainement s’y rendre seule, mais en aucun cas avec vous tous. Vous allez donc devoir vous y rendre par vos propres moyens.
- Ne venez-vous pas avec-nous, interrogea Frison, surpris par les propos de Galmir.
- La route est bien longue pour un vieux Nain comme moi. Je serais pour vous plus un poids mort qu’une aide.
Les jeunes gens firent tout ce qu’il purent pour convaincre Galmir de les accompagner. Ils lui firent remarquer qu’ils avaient encore besoin de lui pour leur entraînement et pour ses bons conseils. Galmir finit par céder et promis d’aller avec eux.

 

Suly était assise derrière son nouveau bureau. Les étoiles de Général brillaient au col de son uniforme.
- Nous les avons convaincus, pensa-t-elle à haute voix. Le rapport de Kany et de Roll était parfait. Personne ne peut plus douter de l’identité de notre ennemi : l’antique force du Chaos.
Le communicateur émis une série de bip sonores.
- Oui, répondit-elle en enfonçant une touche, qu’y a-t-il?
- Un Monsieur Max Tit’lie, Ingénieur voudrait vous rencontrer. Il prétend que vous l’attendez.
- Faîtes-le entrer, Sergent. J’ai effectivement oublié de vous prévenir de sa visite.
- Bien, mon Général.
La porte du bureau coulissa pour laisser entre le mutant. Ses quatre bras, sous l’effet d’une excitation intense, bougeaient dans tous les sens.
- Vous voilà enfin Max.
- Oui Sul… Oh pardon. Oui mon général.
- Laissez tomber le " mon Général ", Max. Vous pouvez m’appeler Suly. Je n’ai pas choisi l’armée pour les titres.
- D’accord, Suly. Ca y est! Votre unité est prête! Je peux vous dire que le hangar A 16 déborde presque! Je vous y ai fait livré dix F45-FlyRob armés, deux chasseurs SpaceKiller, dix SpaceFighter et dix SpaceRider, cinq SkyLooker et Triton 2, dix AssaultGun, trente HardRunner II, ainsi que dix Runner. Bien entendu il y a aussi tout l’armement nécessaire à l’infanterie, comme les nouveaux canons lourds CZ-22-D.
- Magnifique! Nous allons pouvoir commencer l’entraînement de l’unité.
- Heu… j’ai un petit problème : les modules d’apprentissage du F45-FlyRob sont en retard. Vous les aurez dans deux ou trois jours.
- Il nous manque du temps, Max… mais nous n’en sommes pas encore à trois jours près. Merci Max.
- Je n’ai fait que mon travail et, il faut bien le dire, assouvir ma passion. J’ai toujours inventer des choses, bien que le plus souvent inutiles. Mon équipe a aussi travaillé énormément sur ce projet. D’ailleurs, je me permet de vous recommander le Capitaine Fournier pour le poste d’Officier mécanicien en charge des FlyRobs. Elle a beaucoup travaillé sur ces engins et elle les connaît presque aussi bien que moi.
- J’en prend bonne note, Max.
- Bien. Alors, je vais vous laisser : j’ai un petit quelque chose à terminer. A bientôt, Suly.
- A bientôt, Max.
L’ingénieur sortit du bureau. Astrée s’étendit légèrement dans son fauteuil.
- Enfin, pensa-t-elle. Mon unité de combat est prête. Kany va être heureux! Sa soif de vengeance m’inquiète un peu… il n’est pas assez discipliné. Il va falloir que je m’en occupe.
Suly se leva et sortit de son bureau.
- Je vais aux hangars A 16, Sergent. On pourra m’y joindre si l’on me cherche.
- Bien, mon Général.
Suly suivit une série de couloirs et, après avoir ouvert un sas à serrure palmaire et rétinienne, elle se retrouva dans un large couloir. Elle était dans l’artère de transport principale du niveau 12 sous la surface. De chaque côté de ce couloir il y avait un tapis mobile sur le quel se déplaçait quelques piétons. Il était quinze heures environ et il y avait peu de monde qui circulait. Le reste du couloir était réservé aux transports automatiques motorisés. Elle introduisit une carte dans une borne fixée sur le mur, à côté de la porte qu’elle venait de franchir. Un petit clavier apparu. Elle tapa une série de chiffre, retira sa carte et attendit.
Au bout de quelques instants un véhicule automatique (couramment appelé autom) de l’armée s’arrêta à sa hauteur. Une portière s’ouvrit et Suly s’engouffra dans le véhicule.
- Hangars A 16, souffla-t-elle.
- Bien Général Gill, répondit la voix métallique de l’ordinateur de bord.
Suivant un rail magnétique invisible, le transport se rendit à sa destination en quelques minutes. Ceux-ci étant situés au niveau juste en dessous de la surface, l’autom empruntât un ascenseur anti-gravifique pour rejoindre le niveau –1.
Il arriva bientôt devant tout une série de hangars et s’arrêta devant celui qui portait le numéro A 16. Une inscription fraîchement peinte indiquait : X-Force. C’était le nom de code de l’unité commando dirigée par Suly.
Elle descendit de l’autom, qui repartit aussitôt, et se présenta devant le sas d’entée du hangar. Deux gardes se tenait devant la porte.
- Bonjour, Général Gill. Voulez-vous entrer.
- Oui, Caporal. Veuillez ouvrir le sas.
L’homme obéit et Suly pénétra dans le hangar. Celui-ci étai plongé dans la pénombre; les membres du commando n’y prendrait leurs quartiers que le surlendemain.
Elle actionna un interrupteur et quelques lumières s’allumèrent. Suly retint difficilement sa surprise : tous les appareils étaient là, dans cette salle immense. Sur les murs il y avait des rayonnages entiers d’armes et de matériels en tous genres.
Elle s’approcha des vaisseaux, toucha la coque de certains d’entre eux et en fit le tour pour étudier leurs lignes. Elle vit alors un F45-FlyRob. Elle en fit le tour et l’étudia; ses lignes était si étranges, si archaïques.
En achevant le tour de l’appareil, elle en remarqua deux autres du même type mais bien plus gros que les FlyRobs qu’elle venait de voir.
Sur le plus près d’elle Suly remarqua une inscription peinte en lettre dorées juste sous le cockpit. Elle s’approcha et lu : " Général A. S. Gill ".
Elle sursauta alors : une main venait de se poser sur son épaule.
- Ce devait être une surprise, fit une voix.
Elle se retourna pour faire face à…Max Tit’lie.
- C’est ton père qui m’a demandé de faire ces deux modèles. Je ne peux pas en faire d’autre pour l’instant : ils sont trop chers et trop longs à construire. Celui-là est le tien et ne reconnaîtra que toi. Nul autre ne pourra le piloter si tu ne le désires pas.
- Merci Max. Mais pourquoi en avoir fait deux comme celui-là? A qui mon père destine-t-il l’autre?
- Je ne le sais pas… de toute manière il ne peut pas voler : le programme de contrôle n’y est pas encore intégré.
- Et le mien?
- Il n’attend plus que toi… et ton empreinte psychique.
Astrée posa sa main sur la plaque de déverrouillage du cockpit.

 

Avant de s’embarquer pour Wislo, La troupe de Galmir devait se rendre à Port-Grand pour y trouver une embarcation. Ils choisirent de passer par Vul et Villon; cela allongeait un peu le voyage, mais ce chemin évitait la Forêt Sombre dont on disait le nom bien mérité. Il leur fallut une journée pour préparer leur voyage. Astrée, Frison et Astor repartirent en ville acheter des provisions et les autres préparèrent les bagages. Le soir venu, Celendil essaya d’invoquer des montures.
Losrqu’il se mit à parler, on entendit dans sa voix le vent sur la plaine et le galop des chevaux. L’air devint plus vif et un hennissement retentit. Des formes apparurent devant Celendil. Il y avait cinq chevaux, trois poneys et huit mulets. Tous avaient un robe marron sauf un des chevaux. Celui-là était blanc comme neige et une étoile noire ornait son front. C’était Tempête. Galmir l’avait renvoyé chez son maître quand Astrée était arrivée à Will. Elle en avait parlé à Celendil et celui-ci avait tenu à lui faire plaisir.
Au retour d’Astor, Frison et Astrée de Lernst, celle-ci fut réellement heureuse de voir Tempête, car cet étalon la rattachait à son père. Elle remercia chaleureusement Celendil pour ce petit miracle.
Enfin prêts, il étudièrent les cartes de la région avant de se coucher. Décidément, Elonia était bien grande et le voyage jusqu’à Wislo s’annonçait relativement long.
La maisonnée se réveilla le lendemain à quatre heures précises, ce matin du seize juin, et ils partirent dès les premiers rayons du soleil. Ils avaient décidé, la veille, de couper par la Forêt du Nord que les habitants de Lernst appelaient la Forêt Verte. C’était une jolie forêt et certains prétendaient que les Elfes l’entretenait et veillait sur elle. Cela pouvait expliquer que ses chemins ne se fermaient jamais et qu’on s’y sentait en sécurité.
Le Gué de la Forêt était leur objectif de la journée, mais ils n’y parvirent pas. Il leur fallu s’arrêter pour passer la nuit à plus d’une heure de celui-ci. Celendil alluma un feu et mit à cuire les deux lapins qu’il avait chassés la veille. Ils s’assirent tous autour du feu.
- Nous avançons un peu moins vite que ce que je pensais, annonça Galmir.
- Le voyage est, pour l’instant, agréable, dit Solia.
- Nous venons juste de partir, fit Astrée. Nous verrons si ce voyage est agréable plus tard.
- Ne sois pas si pessimiste, répondit Frison. Tout va bien! On fuit Lernst, des créatures du Chaos nous cherchent et nous devrons nous battre pour sauver Elonia… Belle affaire! Tout va bien, te dis-je!
- Oh Frison, intervint Eliwin, ton humour noir n’est pas toujours le bienvenu, tu sais?
- Mais il a raison, dit alors Brimbo. Il faudra bien nous battre. C’est notre devoir!
- Oui, surenchérit Astor. Et nous nous battrons. J’aime trop Elonia pour la laisser tomber au mains du Chaos… Seulement, je ne vois pas bien ce que nous pourrons faire à nous sept. Même avec la meilleure volonté du monde nous ne pourrons battre des armées entières.
- Bien sûr, répondit Galmir. Il vous faudra trouver des alliés, il vous faudra unir les royaumes d’Elonia contre le Chaos. Mais avant de vous faire reconnaître, il faut que vous soyez prêts. Il faut que l’on puisse vous prendre au sérieux. Le temps presse et pourtant vous devez prendre du temps. Vous êtes les plus jeunes des guerriers et…
- On vient, souffla Astrée, interrompant Galmir. Huit personnes je pense, reprit-elle à haute voix. Des… des Elfes! Ils ne sont pas hostiles… plutôt curieux…
Malgré cet avis rassurant, ils se tenaient prêts à une attaque.
Des ombres s’avançaient. Galmir sourit.
- Gauldir, mon ami, que fais-tu ici?, fit-il en apercevant un Elfe élancé accompagné de trois compagnons en armes.
- Je te retourne la question, Galmir ami des elfes.
- Nous nous rendons à Port-Grand.
- Veux-tu aller par delà les mers, ami?
- Il se peut.
- Tes compagnons et toi même, passerez-vous par Villon?
- Oui.
- Alors, arrêtez-vous en notre cité des arbres d’Aralda.
Galmir d’inclina.
- Comme il plaira au prince d’Aralda.
Le prince et ses compagnons repartirent rapidement et en silence.
Astrée fronça les sourcils.
Le prince savait que nous étions là. Lui et ses hommes sont venus pour une raison précise.
- Gauldir est un vaillant guerrier et je le connais depuis fort longtemps, la rassura Galmir. J’étais encore enfant quand je l’ai rencontré pour la première fois.
- Je ne l’avais jamais rencontré, déclara Celendil, mais c’est un de mes cousins, par nos mères.
A ces mots, Galmir fronça les sourcils, tout en regardant Astrée. Si celle-ci s’en aperçu, elle ne le montra pas.
Ils se remirent à discuter un peu et, après avoir institué un tour de garde, ils s’endormirent.
Les premiers rayons du soleil avertirent Eliwin, qui avait pris le dernier tour de garde, qu’il était temps de réveiller les autres et de se mettre en chemin.
En allant vers Aralda, Eliwin et Celendil chantèrent les héros de leur peuple dans la belle langue elfe. Ils en traduisirent certains passages pour que leurs amis puissent comprendre ces chansons.
Au bout de quelques temps, Galmir se mit à conter certains passages supplémentaires à propos de la prophétie qui régissait le destin des jeunes gens.
Il parla tout d’abord des origines d’Aaloon, le premier des Dieux qui avait créé le monde avec son frère Kirorh, puis il expliqua comment, alors quel le monde n’était que paix et beauté, se produisit le Grand Schisme.
- Le ciel devint noir d’encre, le soleil disparut et, l’espace d’un instant, le monde cessa d’exister. Une force extérieure, bien plus puissante et bien plus ancienne que les Dieux, venait de se manifester. L’Ordre et le Chaos venait de faire leur apparition. Certains être qui habitaient Elonia furent transfigurés par cette force. Ils échappèrent au contrôle des Dieux. Ils devirent les Seigneurs. Certains, tels Lior, Minis, Csithar et Liot sont devenus les Seigneurs de l’Ordre (ou de la Loi). D’autres comme Kiahoror, Mircachaor et Kieun sont devenus les Seigneurs du Chaos. Il y a sept Seigneurs dans chaque camp. Le Dieu Aaloon, quand à lui, est devenu l’Unique, le Dieu-Seigneur de l’Entropie. Il est chargé de maintenir l’équilibre entre l’ordre et le Chaos. Suivant son exemple, les autres Dieux essaient de rester neutres dans la lutte qui oppose les deux puissances bien que leurs aspirations les portent plus ou moins vers la Loi ou le Chaos. Il arriva qu’un jour Mircachaor et Kiahoror créèrent, en secret, les Sept Enfers sur lesquels règnent les Sept Seigneurs du Chaos. Ils créèrent ensuite, avec l’aide des autres Seigneurs du Chaos, leurs serviteurs : les Démons. Se sentant alors très puissants, il voulurent envahir Elonia pour l’asservir. Ils lancèrent leurs légions à l’assaut et capturèrent, par ruse et traîtrise, les sept Seigneurs de la Loi. Ils les détiennent encore en leur citadelle du premier cercle. Aaloon ne put faire cela! L’équilibre était rompu! Il lui fallait absolument compenser la Balance Cosmique qui penchait largement en faveur du Chaos. Pour suppléer aux Seigneurs de la Loi, Aaloon demanda à Isthar, Dieu de la Magie, de créer les Sept Bracelets. Chacun des Dieux donna un peu de son pouvoir à ces bracelets. Les sept premiers porteurs refoulèrent les Seigneurs du Chaos et leurs hordes de démons dans les Enfers. Cela coûta la vie à quatre d’entre eux. Les trois survivant annoncèrent la prophétie. Cela se passait il y a très très longtemps et depuis les bracelets ne sont apparut qu’une seule autre fois avant aujourd’hui. La seconde bataille fut plus rude encore que la première et pourtant celle qui s’annonce sera sûrement plus rude encore. Le monde était plus jeune alors et ses habitants plus vigoureux.
- Mais nous le sommes aussi, protesta Astor.
- Je ne le nie pas. Mais les hommes vivent moins longtemps qu’en ce temps là. Ils sont aussi moins forts et moins grands… et il n’y a plus de Magiciens Complets parmi eux, finit-il en murmurant dans sa barbe.
- La volonté et le courage sont pourtant toujours aussi fort, reprit Celendil qui, comme les autres, n’avait pas entendu la dernière partie de la phrase de Galmir.
- Oui, mais suffiront-ils? Vous êtes bien jeunes…
Le reste du voyage fut plutôt silencieux. Il arrivèrent à Aralda vers six heures du soir.
Cette cité était enfouie au cœur de la forêt. L’entrée était en fait une grotte naturelle percée dans une petite falaise de calcaire. Deux gardes interdisaient l’entrée, mais Astrée savait être épiée par au moins une dizaine d’autres elfes cachés ici et là. Nul doute que l’on devait déjà être au courant, dans la cité, de leur arrivée.
En effet, lorsqu’ils virent la petite compagnie, les deux gardes levèrent leur lances pour les laisser passer.
- Seigneur Galmir, vous et vos compagnons, soyez les bienvenus. Le prince Gauldir vous attends.
Trois elfes surgirent de la grotte et prirent en charge les montures du petit groupe dès qu’il mirent pied à terre.
- Entrez, un des gardes de la salle basse vous conduira.
Il pénétrèrent dans la grotte et après une vingtaine de mètres ils débouchèrent dans une salle de garde. Une dizaine d’elfes se trouvaient là. L’un d’entre eux les conduisit à travers un dédale de couloirs, éclairés par des torches magiques, jusque dans une petite salle.
Gauldir était là.
- Bonsoir Galmir, mon ami, fit-il en serrant chaleureusement la main de Galmir. Et à vous tous aussi. Vous êtes les bienvenus à Aralda.
- Merci, Prince Gauldir, répondit Astrée en s’inclinant. Au nom de mes compagnons, je vous remercie de nous accueillir dans votre citée.
Tous s’inclinèrent.
- Galmir, mon père souhaite que tes amis lui soient présentés. Il a su que je vous avais invités et souhaite connaître mes amis. Ne le faisons pas attendre.
Le prince guida donc la compagnie à travers de nouveaux couloirs et il débouchèrent dans une immense salle. Le plafond de celle-ci était fait des racines des arbres de la forêt, ce qui justifiait le nom de cité des arbres.
Sur un trône en bois noir, le roi d’Aralda siégeait. C’était un elfe à l’air sage et majestueux. Ses cheveux étaient blonds, couleur extrêmement rare chez les elfes.
- Père, voici Galmir, que tu connais déjà et ses jeunes amis.
- Salut à toi Galmir, ami des Elfes. Jeunes amis de Galmir, soyez les bienvenus en Aralda.
- Merci sire, répondirent-ils tous, en s’inclinant.
- Galmir, tu es un des rares Nains à être entré dans ces salles, mais nous n’avons jamais reçu beaucoup d’humains non plus. Par contre, c’est, il me semble, la première fois que nous accueillons un semi-homme.
- Je préfère que l’on dise " Hobbit ", Sire, rectifia Frison.
Le roi elfe, qui était plus vieux que ne pouvait l’imaginer Frison, partit d’un grand rire.
- Il est rare, peut-être trop rare, que l’on me réponde comme vous venez de le faire. Vous me plaisez, jeune Hobbit.
- Vous me faîtes trop d’honneur, sire.
- Bien, que diriez-vous d’un bon repas?, fit Gauldir. Le banquet en votre honneur va commencer.
Ce fut avec joie que tous accueillirent cette bonne nouvelle.
Le banquet était simple mais la cuisine raffinée. Le Roi discutait avec Galmir et Gauldir. Les autres étaient placés trop loin pour entendre ce qui se disait. Astrée, quant à elle, ne voulait pas lire dans les pensée d’un Roi Elfe.
A la fin du repas, Galmir, Gauldir et le Roi se levèrent.
- Astrée, viens avec nous, appela Galmir.
- Bien, je viens, répondit-elle en se levant. Que me veulent-ils?, chuchota-t-elle à l’intention de Solia.
Sans attendre la réponse elle se dirigea vers Galmir.
Ils se rendirent dans une pièce qui servait de bureau à Gauldir. Deux gardes fermèrent la porte et prirent faction devant l’entrée.
- Dîtes-moi, Galmir?, demanda le roi. En plus de demander une audience privée et de comploter avec Gauldir – non, ne le niez pas, je sais que vous partagez bien des secrets avec lui, secrets dont on ne me parle pas – , pourquoi avez-vous jugé bon d’inviter cette fillette humaine à notre réunion privée?
- Je ne suis plus une fillette, répondit Astrée en colère. Il est vrai, Roi Malardil, que je n’ai pas vos quatre mille deux cent quatre ans, mais Je ne suis plus une fillette!
Elle avait accompagné cette fin de phrase d’un message télépathique qui donna au roi l’impression que ces mots avaient été prononcés en majuscules. Celui-ci s’empourpra de colère.
- Veuillez pardonner cette interruption, Sire, intervint Galmir. Cette jeune fille se nomme Astrée. Pardonnez-lui son insolence, mais si elle le souhaitait, elle pourrait assister à cette réunion même depuis le plus profond de vos cachots. Aucun de nous ne peut lui cacher ce qu’il pense si elle désire le savoir.
- C’est une sorcière télépathe?, fit le roi étonné.
- Non! Vous oubliez les légendes père?, fit Gauldir.
Le roi se tourna vers son fils, intrigué.
- Regardez, Sire, reprit Galmir.
Galmir saisit le bras gauche d’Astrée et l’éleva. La manche de la chemise d’Astrée glissa, révélant son bracelet.
- Ce bracelet…, fit le roi. Se pourrait-il… se pourrait-il qu’elle, une jeune humaine, soit la Guerrière au Diamant? La Guerrière D’Aaloon?
- C’est bien elle, Sire.
- Et les autres jeunes gens, sont-ils les autres guerriers?
- Oui, Sire, ce sont eux. Gauldir et moi même le soupçonnions depuis des années déjà… Voilà nos petits secrets! Mais je n’en ai la preuve formelle que depuis quelques jours. C’est d’ailleurs la raison de notre présence ici.
- Les Guerriers d’Aaloon, murmura le roi. Nous sommes sauvés… mais ils sont si jeunes…
- Oui, père ils sont jeunes. Le chaos nous attaque plus tôt que l’Unique n’avait du le prévoir. Mais ce ne sont plus vraiment des Enfants. Nous devons les aider!
Astrée les interrompit.
- C’et vrai. Nous sommes jeunes, mais nous sommes prêts… enfin presque prêts à nous battre contre les forces du Chaos. Vous verrez, nous sommes courageux! Nous nous battrons jusqu’à notre dernier souffle s’il le faut!
- Bien dit, jeune Astrée, répondit Malardil. Mais les Gaïalides n’existent plus et les Magiciens Runiques ont disparus de la surface d’Elonia depuis bien longtemps; ils ne sont plus là pour nous aider à fermer les portes entre les Enfers et Elonia. La tâche que vous et vos amis devez accomplir est très difficile et dangereuse.
- Nous le savons tous.
- Il faut que vous compreniez bien que ce combat va être d’une extrême importance pour l’avenir de notre monde. Si vous échouez, la Balance Cosmique ne reprendra pas sa position d’équilibre et nous serons à la merci des forces du Chaos. Ses forces terrestres ou démoniaques verront leur pouvoirs décuplés et nous seront à jamais leurs esclaves. Il faut empêcher cette catastrophe! Nous allons vous aider à notre mesure qui, je vous l’accorde, vous semblera peut-être bien faible. Tout d’abord, nous allons organiser la défense de la région et résister le plus longtemps possible. Nous occuperons ainsi les armées de Wilkonia pendant un certain temps, vous donnant celui de préparer un plan d’action et de trouver des alliés.
- L’idéal, poursuivit Gauldir, serait d’arriver à unir les différent royaumes d’Elonia contre Wilkonia. La division règne, et ce ne sera pas une tâche facile… De plus votre jeunesse à tous joue contre vous.
- Il nous faudrait beaucoup plus de temps que nous n’en avons, déclara Galmir. L’avance des troupes de Wilkonia semble ralentir un peu : son intendance ne suit pas. Mais cela va nous donner qu’un court répit. Notre séjour à Wislo, puisque c’est là que nous nous rendons,
Prince Gauldir, ne pourra durer bien longtemps. Mais il devra permettre aux guerriers d’achever leur préparation et de préparer les actions futures. Ils sont le symbole de l’espoir mais en aucun cas la promesse d’une victoire certaine.
- Sire, Prince Gauldir, Galmir, intervint Astrée. Je comprend la situation présente et son urgence. Peut-être mes amis et moi-même devrions nous nous mettre à la tâche sur le champ.
- Non, répondit promptement Galmir. Rappelez-vous notre conversation d’il y a trois jours. Vous connaissiez déjà l’urgence et vous avez pris la sage décision d’attendre encore un peu. Restez-en là.
- Galmir à raison, reprit Malardil. Insuffisamment prêts vous serez inévitablement vaincus et le Chaos sera alors vainqueur. Elonia compte sur vous et vous attend. Vous ne devez pas mourir inutilement.
- Je comprend, Sire. Nous irons à Wislo… mais nous en reviendrons le plus vite possible… et prêts. Je vous le promets.
- Bien, jeune Guerrière d’Aaloon. Et moi je tiendrais ma promesse : nous vous gagnerons le temps qu’il vous manque. Astrée, transmet mes encouragements à tes amis.
Ainsi s’acheva la réunion. Gauldir conduisit Astrée et Galmir vers les chambres qui leurs avaient été réservées. En chemin Astrée questionna Galmir.
- Par deux fois le Roi ma appelée Guerrière d’Aaloon. Ne le sommes nous pas tous?
- Si. Et non; Voix-tu c’est en rapport avec l’histoire que je vous contais en chemin, cet après midi. Lorsque Isthar a créé les bracelets, chacun des Dieux à donné un peu de son pouvoir à ceux-ci. Celui que tu possède tiens son pouvoir d’Aaloon lui-même. Celui de Frison le tien de la Déesse Millia, Solia d’Ishtar, Eliwin d’Aron et Kahal, Celendil de Kahal et d’Isthar, Astor de Villia et Aron et, enfin, Brimbo de Golthor et Faala.
- Ah, je comprend.
Ils étaient arrivés. Gauldir prit congé, leur donnant rendez-vous avant leur départ.
Astrée raconta à ses amis la conversation qu’elle venait d’avoir avec le Roi, Gauldir et Galmir. Ils jugèrent tous la décision de continuer leur voyage jusqu’à Wislo très sage. Pourtant, Eliwin et Frison firent part de leur désir de se battre au plus tôt, Eliwin par témérité et Frison par bravade. Ils se rangèrent tout de même à l’avis de leurs compagnons avant que tout le monde aille se coucher.
Le lendemain, très tôt, ils prirent un rapide petit-déjeuner et se préparèrent à partir. Gauldir vint alors les chercher.
- Mon père désire vous entretenir quelques instant avant votre départ. Veuillez me suivre.
Il les conduisit dans la salle même où avait eu lieu la réunion de la veille.
Là le roi leur appris que les armée de Wilkonia avaient encore gagné du terrain en prenant Mycénia et en assiégeant Johnak.
- On m’a rapporté ce matin que les Elfes d’Ivrin et les humains de Mycénia s’étaient alliés. Ces deux citées réunissaient plus de huit milles guerriers dont beaucoup de vétérans. Cette armée aurait été battue en deux petites heures. Assurément Hystèria a usée de magie. Mes éclaireur m’ont parlé d’armes étranges crachant du feu. Je suis sûr qu mes éclaireur ont inventé cette histoire pour ne pas craindre mon courroux; ils ne sont sûrement jamais allés jusqu’à Mycénia et se sont contentés de rapporter la nouvelle de la défaite. Ce qui est sûr c’est que cette armée est commandée par des démons et que ses capitaines sont des Arsuchs. On aurait même aperçut dans cette armée le Démon Gralach. C’est un des Duc-démons du troisième cercle. Il doit être le commandant en chef de cette armée. C’est un des plus puissants serviteurs du Chaos. Il mesure près de trois mètres de haut, il a de grandes ailes noires et six bras. Sa tête est ornée de deux grandes cornes torsadées. Il porte toujours une armure noire et se bat avec six épées en même temps. Sa cruauté est sans limite. Je n’ai pas d’autres nouvelles pour l’instant mais Johnak n’est pas si loin d’ici. Nous aurons bientôt l’occasion de nous battre… et de nous revoir. D’ici là, je garderai secret, sur le conseil de Galmir et de mon fils, la nouvelle de l’apparition des Sept. Tous mes vœux vous accompagnent, Jeunes Guerriers.
Astrée, en sa qualité de porte parole du groupe, remercia le roi de leur avoir donné des nouvelles. Ils s’inclinèrent tous ensemble et prirent congé.
Sans tarder un instant de plus, ils prirent la route de Villon. Astrée, peu après le départ, écrasa une larme qui menaçait de rouler sur sa joue; elle ne pouvait s’empêcher de penser à la chute de Mycénia et au sort de son père.

 

L’homme était habillé tout de noir. Son chapeau, rabattu vers l’avant, cachait la majeure partie de son visage. La nuit elle même était noire et sans étoiles. Il s’approcha de la maisonnette et s’arrêta devant la porte. Il sembla humer l’air puis siffla deux fois. Son sifflement était aigu et perçant. Deux sifflements lui répondirent. Il marmonna quelques mots devant la porte qui s’ouvrit violemment. Il pénétra dans la pièce. C’était une cuisine. Comme il n’y avait personne, il s’enfila dans le couloir en face de la porte d’entrée. Il ouvrit huit portes donnant sur huit chambres vides, puis il pénétra dans une grande pièce toute aussi vide. Il repartit alors vers la cuisine.
Là, il s’asseya à même le sol et dessina un symbole devant lui. Il se mit à marmonner de nouveau et à dodeliner. Au bout de quelques instants, il arrêta sa mélopée et se releva.
Il ressortit de la maisonnette.
Une autre personne l’attendait. Elle était très grande et, elle aussi, vêtue de noir. Par contre, malgré le chapeau rabattu, ses yeux trahissaient sa nature. Ils étaient comme deux braises rouge-sang et éclairaient faiblement son visage couleur de cuivre. C’était un Arsuch.
- Et bien, sorcier?, dit-il d’un ton de commandement. Sa voix etait étonnamment grave et caverneuse.
- Il n’y a personne, Seigneur. Par contre le sondage énergétique indique qu’ils sont bien venus ici. L’énergie résiduelle de leurs armure les trahit. Ils ont dû partir il y a un ou deux jours…
- Bien. Partons d’ici. Ils ne nous échapperons pas!

 

Une ombre se déplaçait dans le hangar A 16. C’était la nuit et le hangar n’était que faiblement éclairé par des veilleuses indiquant la sortie. La silhouette glissa près d’un F45-FlyRob. Une main sortit de l’ombre et appuya sur une plaque près du cockpit. Un petit sifflement se fit entendre et le cockpit s’ouvrit lentement. L’ombre se mû vers l’intérieur du cockpit.
La lumière inonda alors le hangar et la voix de Suly s’éleva.
- Lieutenant Kany! Puis-je savoir ce que vous faîtes ici?
- Mon Général, pardonnez-moi mais, je n’ai…
- Vous n’avez pas pu résister? Je vous comprends… C’est vraiment dommage qu’ils ne puissent pas encore voler!
- Vous m’avez percé à jour, mon Général! Mais j’ai entendu dire que nous aurions les modules d’apprentissage dès demain matin…
- Je vois que les nouvelles vont vite. En effet, comme j’en ai informé le Colonel Liet, nous pourrons commencer l’entraînement dès demain, mais sur seulement cinq FlyRobs, en comptant le mien bien sûr.
- Qui seront les heureux élus?
- Je peux vous le dire : il y aura le Colonel Liet, le Capitaine Isord, le Lieutenant Roll et vous-même.
Bob se permit une exclamation de joie.
- Vous devriez aller dormir maintenant, conseilla Suly.
- Vous avez raison, mon Général. A demain.
- A demain, Bob.

 

Sur la route de Villon, le petit groupe décida d’éviter cette ville proche de la cité des arbres d’Aralda. Ils se dirigèrent vers Port-Grand dès qu’il le purent. Les trois jours de chevauchée, depuis Aralda se déroulèrent sans problème. Déjà, traversant les grandes plaines du nord-ouest d’Elonia, ils distinguaient, au loin, les contours de la terrible Forêt Sombre mais ils la contemplait sans peur, leur chemin passant assez loin de celle-ci.
Il faisait presque nuit et ils s’apprêtaient à bivouaquer lorsqu’Astrée perçu des présences étrangères non loin d’eux.
- Hostiles ou amicales, demanda Brimbo lorsqu’Astrée les en informa.
- Je ne sais pas, je n’arrive pas à le savoir. Peut-être sont-ils trop éloign… Non! Ce sont des ennemis. Ils ont la même sorte de bouclier mental que les Drolochs de Lernst.
- Tant pis… Rejoignons la forêt sombre, fit Astor. Il nous sera plus facile de nous défendre à couvert qu’ici, surtout s’il sont nombreux.
- Au moins une trentaine, reprit Astrée.
- Je suis d’accord avec Astor, intervint Galmir. Rejoignons l’abri de la forêt. Là nous pourr…
Galmir fut interrompu par un sifflement terriblement aiguë. Une ombre passa au dessus de leur tête.
- Un Aluir!, fit Celendil. C’est un aluir, un sorte de chauve-souris géante. Certaines armées les dressent pour servir d’espion. Nous sommes en danger! Ce sifflement va indiquer à ces hommes la direction à suivre. A la forêt! Vite!
Ils lancèrent leurs chevaux au galop, en essayant de se rapprocher le plus vite possible de la forêt. Dans l’affolement Astrée ne vit pas que tempête, qui semblait presque voler, avait largement distancé les montures de ses compagnons.
Lorsqu’elle arriva à l’orée de la Forêt, il faisait tout à fait nuit. Elle ne voyait pas ses amis. Après un sondage psy, elle sut qu’ils étaient à encore au moins cinq minutes de la forêt et que leurs poursuivants étaient très près derrière eux.
Elle décida alors de revêtir son armure.
- Par Aaloon!
Astrée brilla un court instant et, après un bref éclair, elle fut recouverte par son armure au diamant. Elle songea à préparer une embuscade contre leurs poursuivants mais voulue d’abord diriger ses amis vers elle.
- Galmir?
- Oui, Astrée.
- Je suis déjà arrivée à la forêt. Virez un peu à gauche pour me rejoindre.
- Comme cela?
- Parfait.
- J’ai aperçu un éclair il y a un instant dans cette direction. C’était toi?
- Oui, j’ai revêtu mon armure… Vous m’aurez rejointe dans trois ou quatre minutes. Je vous attends là.
Les cavaliers débouchèrent à l’endroit où Astrée les avait guidés. Ils mirent pied à terre. Ne voyant pas Astrée, ils l’appelèrent mais n’obtirent aucune réponse. Si elle avait été là, il ne faisait nul doute qu’elle aurait répondu.
- Peut-être s’est-elle enfoncée dans la forêt, suggéra Frison.
- De toute manière, il faut faire quelque chose!, répondit Eliwin. Nos poursuivants seront là d’un instant à l’autre! J’entends le galop de leurs chevaux!
Comme pour ponctuer sa phrase, un aluir poussa son cri strident.
- Allons dans la forêt, conclua-t-elle.
Il remontèrent sur leurs chevaux et s’avancèrent dans la forêt sombre. Ils avaient parcourus à peine six ou sept cent mètres quand ils entendirent des bruits et des cris (des ordres?) derrière eux. Ceux qui les poursuivaient étaient près. Ils débouchèrent bientôt dans une petite clairière où ils trouvèrent Tempête, le cheval d’Astrée.
Ils se demandèrent ce qui avait bien pu pousser Astrée à pénétrer dans la forêt sans les attendre et à abandonner son cheval.
- Il a du lui arriver quelque chose, fit Brimbo.
- Je ne le pense pas, répondit Galmir. Elle aurait pu nous appeler à l’aide… et elle porte son armure!
Astor prit le cheval d’Astrée par la bride et ils continuèrent à s’enfoncer vers le cœur de la forêt.
Derrière eux, les bruits et les voix s’étaient tus.

Astrée mit pied à terre. Ses compagnons n’allaient pas tarder à la rejoindre. Elle fit quelques pas en menant Tempête pour se mettre à l’abris sous les arbres. Elle sentit alors une présence.
Elle se tourna et scruta les arbres. Elle ne vit rien. Pourtant avec ses perceptions amplifiées par l’armure elle percevait une présence toute proche.
- Qui est là?
- N’ayez pas peur, fit une voix profonde et grave, chaude et amicale.
Celui qui venait de parler possédait un don ressemblant à celui d’Astrée et émis des émotions inspirant calme, amitié, confiance et assurance. Astrée perçue parfaitement ces émotions et son inquiétude s’apaisa.
- Je ne vous veux pas de mal, fit la voix.
- Une ombre se déplaça et Astrée n’en cru pas ses yeux. C’était un arbre qui venait de bouger.
- Non, je ne suis pas un arbre, fit la voix avec irritation.
En effet cette créature n’était pas un arbre, bien que sa peau semblait d’écorce. Il avait un corps grand et qui paraissait peu souple. Ses bras étaient longs, ses mains et ses pieds très larges.
- Vous êtes…
- Un Ent, oui! Vous ne pensiez tout de même pas que nous habitions tous la Malornie, non? Je me nomme Sylvain dans votre langue. Bon, viens avec moi! Tes amis vont arriver. Ne t’inquiètes pas pour eux, ils ne risquent rien. S’ils pénètrent dans la forêt, mes frères les protègerons. Si les hommes et les elfes nous ont oubliés, comme nous le souhaitions, les serviteurs du Chaos, eux, se souviennent de nous.
Tout en discutant ils avaient cheminé vers l’intérieur de la forêt. Ils arrivèrent bientôt dans une petite clairière.
- Tu peux laisser ton cheval ici, il ne risque rien.
- Bien.
Astrée faisait de plus en plus confiance à Sylvain; pas une pensée négative ne se formait dans son esprit. Ils reprirent leur chemin et s’enfoncèrent à nouveau dans la forêt.
Sylvain siffla deux petit coups et Astrée vit une petite lumière qui se rapprochait d’eux. Plus elle s’approchait, plus Astrée avait la certitude que cette lumière émanait d’un être vivant. Quand elle fut tout près, Astrée put vérifier qu’elle avait vu juste. Une petite forme se posa sur l’épaule de l’Ent. Elle ressemblait à une femme elfe mais ne faisait pas plus de sept centimètres de haut et possédait deux paires d’ailes, comme celles de ces petites libellules que l’on nomme " Demoiselle ".
- Je te présente Lucia, mon amie Pixie.
- Enchantée, dit Astrée, se demandant si cette Pixie était capable de comprendre ses paroles et si même elle était réellement vivante car elle ne percevait pas sa présence.
- Moi de même Astrée, fit une voix claire et puissante dans sa tête.
Ainsi, pensa Astrée, cette Pixie est télépathe. Mais comment peut-elle connaître mon nom? Je ne l’ai pas dit à Sylvain et elle n’a pas pu le lire dans mon esprit : mon bouclier psy est bien en place...
- Comment connais-tu mon nom?
- Il est écrit là, sur ton armure, au niveau de ton cœur, fit la voix dans sa tête.
- Comment ça? Il n’a jamais été écrit là!
- Je t’expliquerai plus tard...
- Que vous veulent ces serviteurs du Chaos?, les interrompit Sylvain.
- Je n’en sais rien...
- Et si, en voyant ton armure, je te disais que tu fais partie des Guerriers d’Aaloon ?
Astrée fut immédiatement sur le qui-vive, se préparant à une attaque.
- Ne t’effraies pas, je suis un ami. Avec bien d’autres Ents, je me suis battu au côté de vos prédécesseurs. Je n’oublierai jamais l’armure qu tu porte. Elle appartenait, autrefois, à un Elfe nommé Fëaldur qui fut le plus vaillant des Guerriers d’Aaloon jusqu’à ce jour. Toi tu me semble bien jeune... Il est regrettable que les démons soient revenus. Il semble, de plus, qu’ils possèdent de nouvelles armes extrêmement destructrices... Tes amis sont à la clairière... Et nous, nous sommes arrivés chez moi.
Ils se trouvaient devant un bosquet d’arbres formant un cercle.
Sylvain y fit pénétrer Astrée. Le bosquet formait une sorte de salle naturelle. Il n’y avait presque rien, hormis quelques pierres plates, une sorte de puit (ou de citerne) en pierre et deux coffres faits d‘un métal sombre. Lucia quitta l’épaule de Sylvain et se posa sur une branche basse.
- Appelle tes amis et conduits-les ici, proposa Sylvain.
- Tout de suite, fit Astrée ravie.
Elle contacta Solia et dirigea ses amis jusqu’à la demeure de Sylvain.
Celui-ci leur offrit un abris pour la nuit ainsi qu’un repas végétarien. Lui même ne but que de l’eau.
Ils parlèrent tous une bonne partie de la nuit.
- Je me souviens, dit Sylvain, du jour où j’ai connu Fëaldur. J’était encore un jeune Ent et il était, comme Astrée aujourd’hui, venu se réfugier dans la forêt. C’est alors que je l’ai rencontré. Nous sommes devenus d’excellents amis et nous avons combattu ensemble.
- Allez-vous nous aider, nous aussi?
- Fëaldur était un elfe, et vous êtes humaine... Mais pourtant vous vous ressemblez... Golthor a ressuscité Fëaldur en vous. Vous me plaisez, Astrée. Et vous plaisez à Lucia. Je vous aiderai selon mes possibilités...
- Merci, Sylvain... Merci beaucoup...
- Et vous, poursuivit Astrée en se tournant vers Lucia qui s’était posées près d’Astor, vous deviez m’expliquer comment vous connaissiez mon nom!
- C’est très simple : votre armure est parcourue de runes. Et ces trois runes là, au niveau de votre cœur, indiquent votre nom : Astrée.
- Des runes? Tous ces entrelacs sont des Runes? Et à quoi servent-elles?
A ces mots, Galmir et Solia tournèrent vers Astrée et Lucia.
- Je n’en sais rien. Je ne suis pas assez douée en magie runique pour les comprendre. Ce sont des runes Supra complexes, c’est tout ce que je peux dire. De toute façon, je ne sais pas où se trouve la Rune Source; je ne peut donc pas analyser l’effet de ces Runes.
- Vous pratiquez la magie runique?, firent d’une même voix Galmir et Solia.
- Juste les Runes Simples et certaines Runes Complexes.
- Magnifique, exulta Galmir. Je pensais qu tous les magiciens runiques avaient disparus en l’an 6... J’ai beaucoup entendu parlé de cette magie légendaire. Il faut que vous me l’appreniez.
- Je ne sais pas si je saurais... Je n’étais qu’une apprentie... Je n’ai étudié que douze ans... De plus les cours de haut niveau étaient réservés aux seuls humains.
Galmir et Solia réalisèrent que, dans la situation actuelle, ils n’auraient jamais le temps d’apprendre cette sorte de magie.
Ils continuèrent de discuter encore un peu avant de s’endormir sur des couches de feuillages et de plantes.
Le lendemain matin, ils suivirent Sylvain jusqu’à la lisière de la forêt, près de la route qui menait directement à Port-Grand.
- Voilà, nous y sommes. J’espère vous revoir bientôt, dit Sylvain.
- Nous aussi, répondit Astrée. Mais, où est donc Lucia?
- Je ne sais pas. Elle n’était pas dans son trou d’arbre ce matin.
- Tant pis. Dîtes lui au revoir pour nous…
- Bien sûr… A bientôt, vous tous. Qu’Aaloon vous protège.
Ils montèrent sur leur chevaux et poneys et prirent la route de Port-Grand.
Après encore deux jour de voyage, ils arrivèrent enfin en vue de la ville. Ils distinguaient déjà, à l’horizon, les reflets ondoyants de la mer.
Une foule de cavalier, de marcheurs, de chars et de charrettes entraient et sortaient de la ville.
- Nous sommes trop voyants, déclara Solia. Je pense qu’il vaut mieux nous déguiser avant d’entrer dans cette ville.
- Tu as raison, fit Eliwin. Mais nous n’avons aucun déguisement.
- Je peux arranger ça, reprit Solia tout en descendant de cheval.
Elle se mit à psalmodier quelques mots. A la fin de son incantation, un brouillard recouvrit les compagnons. Il se dissipa bientôt.
Astor et Eliwin paraissaient vieillit d’une quinzaine d’année. Ils étaient vêtus de vêtement en toile épaisse et grossière, tout comme Frison qui ressemblait maintenant à un jeune humain de neuf ou dix ans. Celendil était vêtu d’une longue robe blanche maintenue par une ceinture verte, comme certains druides. Solia et Astrée (à la grande honte de cette dernière), étaient maintenant vêtues de robes très courtes et maquillées. Leurs poitrines avaient pris du volume. Brimbo et Galmir, qui n’avaient subit aucune métamorphose, rirent en voyant leur compagnon ainsi. Ceux-ci se regardèrent et se mirent à rire à leur tour.
- Voilà, fit Solia. Nous avons là un couple de paysans humains et leur fils, un druide, deux belles filles de joie et deux nains. Si nous nous déplaçons séparément, personne ne saura que nous sommes passés par Port-Grand… Un conseil : ne faîtes appels à vos armures qu’en cas de très grande nécessité. En effet, vos déguisements disparaîtraient…

 

Lorsque l’homme ôta son heaume, il fut certain que cette créature n’avait rien d’humaine. Ses cheveux étaient une crinière de flammes, ses yeux étaient braises incandescentes et sa peau était couleur de cuivre.
- Non, petit sorcier, dit l’Arsuch en s’adressant à un petit homme habillé de noir. Ils ne sont pas morts dans cette forêts. Les légendes mentent. Les créatures qui vivent dans la forêt sombre ne servent pas le Chaos, mais la Loi. Je ne peux entrer ici, pas encore. Faîtes avertir Hystèria que les Guerriers se sont mis sous la protection des Ents. Je pense qu’ils doivent vouloir rejoindre l’antique cité de Ch’la dans le désert de Chockh.
- Mais cette cité est dans nos mains depuis longtemps, Seigneur.
- Oui, mais peut-être ne le savent-ils pas… Les Gaïalides qui vivaient là étaient puissants et auraient pu les aider. J’ai personnellement participer à leur anéantissement. La bataille a été rude… Je crains aussi que les Chevaliers-Dragons ne sortent de leur légendaire neutralité pour les aider. Informez donc aussi Wilkonia qu’il faudra prévoir la destruction des Grand Weyrs dans les plus brefs délais.
- Bien Seigneur.
Au même moment, à Wilkonia, la Reine Hystéria partageait les préoccupations de son Arsuch.
Vêtue d’une armure argentée, elle conversait avec Gauror.
- Je suis heureuse que le Seigneur-Cardinal FireLord ai choisi de se joindre à nous. Lui et ses élémentalistes du feu nous serons d’une grande aide.
- Oui, répondit Gauror de la voix douce et attirante qui le caractérisait. Il faudra tout de même nous débarrasser des Eolides et des Aqualides : ils ont décliné toute offre d’alliance avec nous et nous ont même menacés de nous attaquer si nous prolongions plus longtemps notre expansion. Jamais ces élémentalistes ne s’étaient engagées pour un camp ou l’autre au court des guerres précédentes.
- C’est vrai, mais, à cette époque là, ils se rangeaient derrière ces crétins pacifistes de magiciens runiques. Et ils n’avaient pas encore l’exemple que nous leur avons donné de nos forces en détruisant les Gaïalides.
- Il faut donc convaincre les Chevaliers-Dragons de se joindre à nous ou les détruire rapidement, sinon eux aussi vont s’engager dans la bataille… et ils m’effraient bien plus que les élémentalistes.

 

- Abandonner Tempête, encore une fois, explosa Astrée, il n’en est pas question!
- Mais Astrée, répondit Celendil, Solia à raison. Nous serons beaucoup plus discrets sans les chevaux.
- Peut-être, mais laisser Tempête seul ne me plaît pas!
- Je te promet qu’il ne lui arrivera rien. Je vais leur jeter un charme… Ils nous attendrons dans la forêt sombre. Je les rappellerai à notre retour.
- Soit. Mais il n’arrivera rien à Tempête! Jure-le !
- Je te le jures, Astrée.
Celendil lança un sort sur les chevaux qui partirent au petit trop vers la forêt sombre.
Le vent venu de la mer apportait avec lui l’odeur de l’iode et du sel. Il se mirent en marche, par groupes de deux ou trois. Ils avaient rendez-vous deux heures plus tard, au port.
Il se mêlèrent à la foule chamarrée qui se dirigeait vers les portes de Port-Grand. L’entrée de la ville, par la Porte des Paysans ne leur posa pas de problèmes.
Port Grand était divisée en plusieurs quartiers, dont les noms en reflétait l’activité principale ou les habitants. Il y avait ainsi, entre autre, les Allées des Pêcheurs, le Quartier des Commerçants, le Quartier des Nobles le Quartier des Paysans et le Quartier de la Dorade de sinistre réputation.
Astor, Eliwin et Frison arrivèrent les premiers au port, suivit de peu par Brimbo et Celendil et par Galmir.
Astrée et Solia se trouvaient dans une rue commerçante quand Astrée se figea, retenant Solia par le bras.
- Prenons cette ruelle, vite! Ces deux hommes là-bas, ce sont des Drolochs.
Les deux jeunes femmes prirent la petite ruelle qui s’ouvrait sur leur droite. Elle prirent ensuite de petites rues sales et sombres, évitant les grands axes. Deux jeunes soldats de la garde du roi de Port Grand voulurent les aborder pour passer un petit moment agréable avec elles. Leurs yeux exprimèrent la surprise la plus totale quand elles les assommèrent. Elle parvinrent tout de même au port dans les temps impartis.
C’était le plus grand port d’Elonia. Divisé en deux parties, l’une, la plus grande, abritait le port de pêche et de commerce, et l’autre la flotte de Guerre du Roi Valmon IV. La flotte de Valmon, pour l’heure mouillait au Port. Les cinq grands Trois-Mâts semblait endormis au bord de leur quai. Ils étaient entourés d’une vingtaine d’autres vaisseau plus ou moins grands. Plusieurs avaient l’air assez endommagés. En fait seul le " Flamboyant Valmon ", le vaisseau amiral, avait l’air bien entretenu et relativement récent.
Astor, avisant Solia et Astrée, se dirigea vers elles. Ils les guida vers leurs amis et leur annonça qu’il avait trouvé un bateau pour les conduire sur Wislo.
- Nous embarquons dans une heure… et nous serons à Wislo demain matin vers neuf heures.
- Tant mieux, répondit Astrée. Je sens une puissance véritablement maléfique qui se dirige vers cette ville. Je sens ses pensées tournées vers nous. Elle nous cherche… mais je suis sûre qu’elle ne sait pas que nous sommes ici. Il a autre chose à y faire… et pas du bien, tu peux en être sûr. Plus tôt nous serons partis, mieux cela sera.
- Embarquons, fit Galmir qui avait entendu la fin du discours d’Astrée. Nous aurons ainsi le temps de nous installer.
Le bateau qu’avait trouvé Astor était vieux… très vieux. Sa peinture, presque inexistante maintenant, avait du être blanche mais elle était devenue gris vert. Le bois avait l’air vermoulu et on s’étonnait que le navire ne coula pas sur le champ. Le Deux-Mâts " Sirène bleue " ressemblait plus a un radeau de fortune qu’à un véritable bateau
Son capitaine, Calouhn, déplût à Astrée. Ses pensées n’étaient pas nettes. Il n’avait pas réellement de mauvaises intentions envers ses passagers, mais quelque chose dans son attitude alertait Astrée.
Le bateau appareilla enfin, et ce fut avec soulagement que les membres de la petite compagnie virent la côte s’éloigner.
Le capitaine mena alors ses passagers à leur cabine, en fait un petit dortoir, sale et malodorant, équipé de hamacs. Pour deux pièces d’or par personnes, on ne pouvait exiger mieux, surtout si l’on voulait partir vite et discrètement.
Solia, à qui Astrée avait confié ses craintes vis à vis du capitaine et de l’équipage, décida de poser un glyphe de garde au dessus de la porte de la cabine.
- Quiconque essaiera d’ouvrir cette porte sans prononcer le mot " Aaloon " tombera immédiatement dans un profond sommeil, avertit-elle ses amis.
- C’est bien, fit Galmir en examinant le glyphe. Il est parfait.
Fatigués par leur voyage, ils ne tardèrent pas à s’endormir après une rapide collation.
Au milieu de la nuit ils furent réveillés par un bruit sourd. Un homme d’équipage venait de s’effondrer au dessous de la porte. Son sabre gisait à son côté. Le glyphe ayant rempli son rôle, il s’effaçait déjà quand ils se levèrent tous d’un bloc. Le Capitaine et trois de ses hommes se tenaient derrière la porte, hésitants encore à pénétrer dans la cabine. Les jeunes gens crièrent d’une même voix.
- Par Aaloon!
Leur déguisements se dissipèrent dans le même instant où leurs armures apparurent. Ils dégainèrent leurs armes.
Le capitaine et ses hommes, voyant qu’ils n’avait plus à faire à des paysans, des prostituées ou des druides, mais à de jeunes guerriers en armures dorées abandonnèrent toute idée d’attaque de leurs passagers; ils lâchèrent leurs armes.
- Nous aurions du nous douter qu’il y avait anguille sous roche; vous étiez si mal assortis… Nous ne tenterons plus rien contre vous, je vous en donne ma parole.
- Il dit la vérité, confirma Astrée.
- Capitaine, intervint Astor, Nous acceptons votre… reddition. Tout ce que nous voulons c’est arrivé à bon port. Et que vous et vos hommes nous oubliez.
- Je vous ai donné ma parole et je la tiendrai.
Galmir réveilla l’homme assommé par le Glyphe et Astrée, pour plus de sûreté, implanta discrètement un verrou psychique dans chaque homme d’équipage, capitaine compris, pour les empêcher de parler de ce qui s’était passé cette nuit là.
Le reste du voyage fut d’un calme plat. La vue des armures et des armes de ses passagers rappela au capitaine la légendes des Guerriers d’Aaloon que lui avait raconté son grand-père. Il fit le rapprochement avec la guerre menée par Wilkonia et fut bientôt certain que ses passagers étaient les guerriers qui devaient sauver le monde. Cette idée l’emplit de fierté. Il se promit de les aider s’il en avait un jour l’occasion.
Les jeunes gens abordèrent sur la côte de Wislo, à une heure de marche de Wis, à l’heure prévue.
- Bien, au revoir, fit le capitaine. Sans rancune, hein?
Seule Atrée lui répondit
- Au revoir capitaine. Je suis sûre que nous nous reverrons…
- Dîtes, répondit-il à voix basse. Il y a un Weyr à Wislinia. Pourquoi ne demanderiez vous pas de l’aide des Chevaliers-Dragons?
Astrée regarda le capitaine droit dans les yeux quelques longues secondes.
- Nous aider? Les Chevaliers-Dragons? Capitaine, je ne comprends pas un mot de ce que vous dîtes. Enfin, merci quand même, fit elle en s‘éloignant et en lui faisant un clin d‘oeil..
Le capitaine Calouhn baissa la tête et médita quelques instants cette réponse. Puis, en souriant, il hocha la tête et regagna son bateau.
Solia guida ses amis à travers la forêt qui recouvrait l’île et les conduisit à Wis. C’était un village comptant un peu plus de trois cent habitants/ Les maisons étaient construites en bois, la matière première ne manquant pas sur Wislo. Les habitants d Wis reconnurent Solia et un petit garçon couru vers elle en criant.
- Solia, Solia! Tu es revenue!
Il devait avoir neuf ou dix ans. Il était mince et ses cheveux bouclés étaient noir de jais. Son visage était fin, presque féminin, et ressemblait à celui de Solia. Il se jeta dans les bras de Solia qui l’attrapa et le serra contre elle.
- Alaran. Tu m’a manqué, tu sais, fit-elle en l’embrassant.
- Toi aussi Solia. Il y a déjà deux mois que tu es partie. Tu vas rester?
- Pendant quelques temps, oui… Va prévenir les parents que je suis revenue avec des amis.
Elle le reposa au sol.
- J’y vais tout de suite. Il vont être rudement contents.
Il parti en courant.
- Bon, fit Solia à la compagnie. Nous sommes arrivés. Mon frère va prévenir mes parents de notre arrivée. Je pense qu’il seront surpris.
- Ton frère à l’air adorable, fit Eliwin.
- Oh, il l’est. Je l’adore. Je ferai tout pour lui. Il a une manière de vous regarder… Vous ne pouvez jamais rien lui refuser.
Près de la sortie du village, il y avait une maison plus grande que les autres. Ses murs étaient de pierre et non de bois. Solia s’arrêta.
- Voilà, fit-elle, c’est chez moi.
Un homme et une femme, d’une quarantaine d’année parurent à la porte.
- Père, Mère, je suis revenue… avec quelques amis, comme vous le voyez.
Les parents de Solia accueillirent la troupe très amicalement. Pourtant ils parurent surpris en voyant les amis de Solia : il y avait parmi eux des Elfes, des Nains et même un hobbit!
Astor et Astrée, qui étaient humains, leur parurent plus sympathiques que les autres.
Quoi qu’il en soit, la mère de Solia leur servit un délicieux repas qui fut, il faut le dire, plutôt silencieux.
- Seigneur Galmir, fit le père de Solia à la fin du repas, quand je vous ai envoyé ma fille, je ne pensais pas la revoir aussi tôt. Que s’est-il passé? S’est-elle mal conduite?
Il avait prononcé ces mots en regardant Solia avec sévérité.
- Non, Seigneur Sarak, répondit Galmir, je n’ai aucune raison de me plaindre de Solia. Elle a été exemplaire. En fait nous sommes ici pour nous… reposer un peu avant de repartir. Nous ne resterons que deux ou trois semaines je pense.
Le père de Solia sembla soulagé.
- Bon. Je ne peux pas vous loger tous ici, c’est évident. Un de nos voisins vient de décéder. Il n’avait pas de famille. Cela ne dérangera personne si vous habitez sa maison. Vous pourrez y rester jusqu’à votre départ.
- Merci Seigneur, repris Galmir. Nous vous en sommes très reconnaissants.
Il échangèrent ensuite quelques banalités.
Pour la première fois depuis Aralda, les Sept et leur mentor se couchèrent de bonne heure et dans un vrai lit.
Pourtant Astrée passa une mauvaise nuit : elle ne cessait de faire le même rêve obsédant. Elle voyait une grande balance en or. Un des plateaux de la balance était blanc et l’autre noir. La balance s’estompait alors pour faire place à un visage étrange. Il était beau mais ne reflétait aucune émotion. Ce visage était totalement inexpressif. Seules les lèvres bougeait mais elles n’émettaient aucun son. Pourtant Astrée pouvait presque lire sur ces lèvres qui semblaient former toujours le même mot, le même… nom? Astrée? De plus elle sentait un esprit tout près d’elle, amical mais invisible et impénétrable à sa pensée. A la troisième répétition du rêve, elle se réveilla en sursaut et vit des signes bleutés qui s’estompaient dans la chambre.
Comme ils disparurent très rapidement, elle fut certaines qu’elle était encore dans son rêve et se rendormi. Le rêve ne revint pas la hanter.
Au petit matin, à son réveil, elle avait déjà presque oublié ce rêve et les signes bleutés. Ils n’étaient plus qu’une impression fugitive, ce qui explique qu’elle n’en fit pas part à ses amis.
Après un copieux petit déjeuner, Galmir proposa à ses " étudiants " de reprendre l’entraînement sans perdre de temps ; ils étaient bien venus sur Wislo pour cela, non?
Ils en furent tous d’accord. N’ayant pas besoin d’être aussi discrets qu’à Lernst, ils partirent courir aux alentour du village. Ce dernier se trouvait près du centre de la petite île, sur les flancs de collines formées de roches dures et de calcaire recouverts par la forêt. Astrée, fatiguée par sa nuit agitée, courait un peu en arrière des autres. Au moment où elle entamait l’ascension d’une petite colline, elle entendit une voix l’appeler.
- Astrée.
La voix était douce, presque un chuchotement. Astrée s’arrêta, sur ses gardes et regarda autour d’elle.
- Qui est là?
- Viens vers moi, Astrée, répondit la voix.
- Qui êtes-vous?, dit-elle tout en se dirigeant vers cette voix aux inflexions persuasives.
- N’ai pas peur… Viens!
Comme hypnotisée par cette voix, Astrée s’enfonça dans la forêt et se retrouva devant l’entrée sombre d’une grotte.
- Entre, Astrée, rejoins-moi, fit la voix plus pressante.
Astrée s’enfonça dans la caverne. Alors qu’elle en atteignait le fond et n’y voyait presque plus rien, l’entrée n’étant plus q’un petit point lumineux, elle remarqua un passage d’où provenait une faible lumière rouge.
- Oui, c’est par là Astrée. Tu es presque arrivée…
Au fur et à mesure de sa progression, la lumière se fit plus éclatante, plus blanche, éblouissante même. Alors que la lumière venait d’atteindre son intensité maximale, Astrée déboucha dans une grande salle et faillit s’évanouir d’étonnement et de terreur.
La grande balance de son rêve était là, devant elle, immense. Elle flottait au milieu de la salle, son plateau noir plus bas que le blanc.
- C’est la Balance de l’Entropie que tu vois là, Astrée. Comme tu le vois, le Chaos l’emporte sur la Loi. L’équilibre est rompu!
Le visage du rêve venait d’apparaître au dessus de la Balance.
- Vous… Vous êtes…
- Oui. Je suis Aaloon. Je suis le gardien de la Balance et de l’équilibre. J’ai besoin de toi, Astrée, ma vaillante Guerrière Diamant. J’ai besoin de toi et de tes amis… La situation est si compliquée… Je te surveille depuis ta naissance, comme les autres Guerriers. Je sais que vous serez à la hauteur de la lâche à accomplir. Pourtant le Chaos a été fort cette fois-ci : il m’a prit de vitesse et vous êtes trop jeunes… Il faut dire que le plan du Chaos est vraiment subtil… Jamais je n’avais pensé qu’ils pourraient…

 

Suly venait de poser son F45-FlyRob après son premier vol d’essais. L’appareil avait parfaitement répondu à la moindre de ses pensées. Il était aussi maniable que rapide. Les ingénieurs du passé avaient inventé une merveille avec cet engin. Et le travail de Max était extraordinaire, lui aussi. Il avait apporté la technologie moderne au FlyRob. L’appareil personnel de Suly était près de deux fois plus gros que les autres FlyRobs, à l’exception d’un autre exemplaire identique au sien. A qui son père le destinait-il?
Les quatre FlyRobs pouvant voler effectuaient leurs manoeuvres d’atterrissage quand une voix résonna dans le casque de Suly.
- Excusez-moi mon général. Le Général André Gill vous ordonne de vous rendre chez lui immédiatement.
- Mon père?
- Oui. Il dit que c’est extrêmement urgent.
- J’y vais de suite Sergent. Prévenez le Général.
- Bien, mon Général.
Suly déclencha l’ouverture de son cockpit, arracha son casque, qu’elle laissa sur le siège, et sans même prendre le temps de se changer, elle se rendit chez son père. Cette convocation semblait étrange.
Essoufflée, sa combinaison de vol la démangeant, elle arriva devant chez son père.
Elle apposa sa main sur la digi-plaque et la porte s’ouvrit. Elle se retrouva nez à nez devant son père. Visiblement il attendait son arrivée devant la porte. Il semblait extrêmement agité.
- Viens vite! Il faut que tu vois ça, dit-il à Astrée sans même prendre la peine de la saluer.
Il se dirigea vers le fond de l’appartement. La porte qui donnait sur la grotte était ouverte. Il s’engouffra dans le passage. Il appuya sur la stalagmite truquée et fit signe à Astrée de le précéder.
En débouchant dans la salle, Suly n’en cru pas ses yeux et sursauta d’étonnement : une énorme balance flottait au milieu de la salle. Elle était d’or, un de ses plateaux était blanc et l’autre noir. La balance penchait du coté noir.
- Je pense que c’est la balance de l’entropie, dit André. Regarde, le plateau noir est du coté de la salle dédiée au Chaos… Et le blanc du coté de la Loi… Je suis sûr qu’il va se passer quelque chose!
- Il y a longtemps qu’elle est là?
- Près de deux heures. Il y a eu comme un bourdonnement sourd et profond quand elle est apparut. Même les voisins l’ont entendu. J’ai dû leur expliquer que mon communicateur était tombée en panne et qu’il était resté coincé sur volume maximum.
- Et ils ont crû ça?, fit Suly ironiquement.
- Je n’en sais rien, mais ils m’ont laissé en paix…
- Regarde, dit Suly. Regarde la flèche de la balance!
Celle-ci s’était mise à diffuser une lumière d’abord rougeoyante puis de plus en plus brillante et de plus en plus blanche. La lumière devint si forte que Suly et son père furent obligés de fermer les yeux. La lumière décrut presque instantanément.
Sous la balance se tenaient maintenant un groupe de jeunes gens étranges. Ils portaient des vêtements archaïques et des armes anciennes, épées et arcs. Il y avait trois jeunes filles et quatre jeunes hommes.
Le général s’avança d’un pas et déclara :
- Au nom de la Terre, bienvenue à vous.

 

- … ouvrir une porte entre Elonia et une planète d’une autre dimension. Cette dimension et dirigée par une planète appelée " Terre ". Sur cette planète la Science est beaucoup plus développée que sur Elonia, mais la Magie y est presque inexistante. Le plan du Chaos est d’envoyer des troupes venant de notre dimension vers celle de la Terre, sans défense contre la magie, et de recevoir des armes de cette dimension pour les utiliser contre Elonia, sans défenses contres elles. Il faut fermer cette porte. Malheureusement, vous ne pourrez pas le faire d’ici. Le Chaos a été vraiment subtil : la porte est contrôlée depuis la dimension de la terre! Vous devez vous rendre là-bas. Vous devez aider les habitants de cette dimension à fermer la porte. Le Chaos ne vous attend pas là-bas. Ses forces ne doivent pas s’attendre à vous y affronter. Une fois la porte détruite le travail ne sera pas encore terminé : vous reviendrez ici pour stopper le Chaos sur Elonia.
- Mais, osa dire Astrée, nous risquons de rester longtemps dans cette dimension… et lorsque nous reviendrons, il risque d’être trop tard pour Elonia!
- Non, ne t’inquiètes pas… Le temps ne s’écoule pas à la même vitesse dans les différentes dimensions. Même si votre séjour dans cet Univers dure longtemps, il ne se sera écoulé, à votre retour, que quelques secondes, voire quelques minutes, sur Elonia.
- D’où partirons nous? Et quand?
- Vous ne pouvez partir que d’ici. C’est pour cette raison, pardonne-moi, que j’ai dû, à ton insu, utiliser ton pouvoir pour inciter Solia à vous proposer de venir ici.
- Non! Je n’aime pas être manipulée. Êtes-vous comme les Seigneurs du Chaos?
- Comprend moi… Le temps pressait… Si la porte reste encore ouverte quelques jours sur Elonia, ce sera la Fin… Je ne pourrai plus rien faire et vous non plus! Solia n’aime pas trop ses parents… vous ne seriez jamais venus ici sans cela et tout aurait été vain…
- Pardonnez-moi, mais il n’est jamais agréable d’apprendre que l’on n’est qu’un pion…
- Non, ce n’est pas cela. Vous pouvez choisir de partir ou non, de vous battre ou non! Je voulais juste que vous puissiez choisir! Si je n’avais pas fait cela, si tu n’étais pas ici, maintenant, devant moi, il n’y aurai pas pu avoir de choix!
- Je comprends…
- Si vous choisissez de partir, soyer ici à cinq heures, ce soir. Maintenant, rejoins tes amis, dis-leur ce que tu sais, et choisissez!
- Bien… Oh, encore une chose. Ce voyage est-il sans danger?
- Ouis, pour vous. Galmir, lui, ne pourra pas venir. Il est trop vieux pour supporter un voyage transdimensionnel.
- Bien. Je vais rejoindre mes amis.
- Va en paix, Astrée. N’oubliez pas… Cinq heures.
Le visage disparut. Le plateau noir de la Balance était presque à son niveau le plus bas.
Astrée sortit de la grotte et rejoignit ses amis en se guidant sur leurs pensées. Il était presque midi.
Hé bien Astrée! Où étais-tu?, demanda Galmir quand il la vit arriver.
- Je ne me sentais pas bien… Mais ça va mieux maintenant.
Astrée fit savoir mentalement à ses amis qu’elle devait parler avec eux, d’urgence. Galmir fut exclu de ce message. Celendil et Brimbo voulurent savoir ce qui se passait. Elle ne répondit pas.
Après le repas, ils demandèrent une courte pause à Galmir et ils purent parler. Astrée leur exposa son aventure du matin. Leurs visages se teintèrent d’incrédulité, et personne, excepté Frison peut-être, ne voulu la croire. Comprenant qu’il n’y avait pas d’autre solution pour les convaincre, Elle leur transmit toute la scène, telle qu’elle l’avait vécue, sans rien omettre. Ils furent alors obligés de la croire.
Solia avait l’air un peu sombre.
- Astrée, je suis d’accord avec toi. Ce n’est pas agréable d’apprendre que l’on a été manipulé. Pourtant je comprends les raisons qui ont poussé Aaloon à cet acte. Je choisis de partir. Si c’est le seul moyen de sauver Elonia, il faut y aller.
- Je suis d’accord, approuva Frison. J’y vais aussi!
Brimbo hocha la tête.
- Je viens.
- Moi aussi, poursuivit Eliwin. Jamais je ne pourrai laisser le Chaos détruire Elonia. Je le combattrai où qu’il soit, même dans une autre dimension.
- J’en suis aussi, dit Celendil calmement.
Astor se leva.
- Elonia est trop belle pour mourir… j’irais aussi.
-Bien, repris Astrée. Aaloon semblait sincèrement désolé de son acte. De toute manière ma décision était déjà prise. Ce soir nous partons tous pour un monde inconnu… Qu’Aaloon nous protège…
A cinq heures précise ils étaient devant la grotte. Ils avait laissé un Galmir, soulagé car fatigué, en prétextant de l’exercice physique. Ils avaient emporté leurs armes et chacun portait un sac dans lequel il avait hâtivement mis quelques affaires personnelles.
Astrée pénétra la première dans la grotte suivie par ses compagnons.
La balance flottait toujours dans la grotte, son plateau noir semblant plus menaçant que jamais. Les jeunes guerriers étaient sidérés par cette vue, à l’exception d’Astrée.
Le visage d’Aaloon apparut alors lentement, provoquant des murmures de surprise chez les jeunes gens.
- Bienvenu à vous, jeunes Guerriers. Bienvenue à toi aussi, Lucia la Pixie. Tu peux sortir de ce sac…
Astrée, effarée, vit Lucia sortir du sac qu’elle portait.
- Tu étais avec nous depuis que nous avons quitté Sylvain?
- Oui… je pensais pouvoir vous aider…
- Mais que pouvais-tu faire ?
- Vous protéger contre les mauvais rêves, dit Aaloon. J’ai essayé de vous contacter dans votre sommeil mais Lucia m’a mis en échec en traçant une Rune.
- C’était donc l’effet d’une Rune, tous ces signes bleutés que j’ai vus?
- Non, répliqua Lucia. Ce n’était pas ses effets. C’était la Rune elle-même!
- Bien, maintenant écoutez-moi tous, reprit Aaloon. Je n’ai plus beaucoup de temps. Lucia, tu ne peux pas partir avec les Guerriers. Laisse nous maintenant!
- Mais, je su…
- Lucia, veux-tu me mettre en colère?
- Seigneur, intervint Astrée, Lucia est venu jusqu’ici pour nous aider. Laisser-la venir avec nous…
- Elle ne le peut pas… Elle est trop… magique. Elle ne survivra pas dans cet univers.
- N’y a-t-il pas un moyen?
- Pas de bon. Si je retire sa " magie " à Lucia, elle ne sera plus Lucia. Et ne vous sera plus d’aucune aide.
- Je perdrai la magie runique?, fit Lucia d’une petite voix.
- Je ne le sais pas, c’est une magie si étrange… Mais tu ne sera plus une Pixie. Tu ne volera plus et ta lumière disparaîtra à jamais…
- Que deviendrais-je alors?
- Je ne le sais pas non plus… Lorsqu´on retire sa magie à un être vivant, on fait appel au pouvoirs du Chaos… Le résultat est donc imprévisible. C’est une chose horrible. Je ne peux pas te faire ça…
- Et, si je décide de partir quand même?
- Tu t’étioleras, tu perdra ta magie doucement et au bout de quelques temps tu mourras.
- Combien de temps?
- Quelques jours ou, au mieux, quelques semaines. Reste ici. Tu verras tes amis revenir dans quelques minutes et tu pourras les aider à ce moment là.
- Ils vont revenir si vite?
- Oui, comme je l’ai expliqué à Astrée, le temps s’écoule différemment dans cette autre dimension et quelques semaines là bas représentent quelques secondes sur Elonia.
- Je vais donc les attendre.
- Tu es sage Lucia. S’il te plait, sors de la grotte. Il vaut mieux que tu les attendent dehors.
Lucia regarda les guerriers et fixa Astrée un instant. Ils avaient tous l’air triste pour elle. Elle sourit.
- Bon, je vous attends, fit-elle en essayant de paraître enjouée. Dépêchez-vous… et soyez prudents.
Sans attendre de réponse, elle fila comme un éclair. Arrivée dehors, elle se posa sur un branche d’arbre, en face l’entrée de la grotte et essuya une larme.
- Aaloon, fit-elle, Tu as intérêt qu’ils reviennent sain et saufs
Dans la grotte, Aaloon reprit la parole.
- Assez perdu de temps. La porte sera bientôt dans l’alignement. Guerriers, vous savez ce que j’attends, ce qu’Elonia attend de vous. Dans cet univers tout est différent. Mais je n’ai pas le temps de tout vous apprendre. Vous devrez vous débrouiller sur place. J’ai juste le temps de vous apprendre la langue qui y est la plus parlée.
Les jeunes gens eurent alors un léger mal de tête, une impression étrange. De nouveaux mots venaient s’ajouter à ceux qu’ils connaissaient et s’y associaient. En quelques secondes ils avaient appris une nouvelle langue.
- Voila, reprit Aaloon, c’est fait. Vous apprendrez leur technologie et leur mode de vie sur place. C’est le moment. Placer vous sous la balance… et bonne chance à vous. Vous êtes le seul espoir de deux mondes.
Le visage disparut. Les Sept ressentirent un léger picotement quand la flèche de la balance se mit à luire. Ce fut d’abord un rougeoiement, puis une lumière blanche intense, éblouissante.
La lumière décrut rapidement. Ils étaient toujours dans la grotte mais ils savaient que ce n’était pas la même; sur les murs de celle-ci étaient peints les symboles du Chaos et e la loi.
En face d’eux, près de l’entrée se trouvaient un vieil homme et une jeune femme. Ils étaient tous deux vêtus d’étranges vêtements gris. Le vieil homme avait l’air heureux et légèrement excité. Il s’avança d’un pas et parla dans la langue que leur avait appris Aaloon :
- Bienvenu à vous.
- Merci, répondit Astor hésitant. Nous… nous ne savions pas que nous étions attendus…
- Ni nous que vous alliez arriver, surtout… de cette manière, répondit la jeune femme.
Elle était belle et paraissait avoir une trentaine d’années.
Le vieil homme reprit :
- Nous savions qu’il allait se passer quelque chose quand nous avons vu cette balance dans la grotte, mais nous en ignorions les effets jusqu’à votre arrivée. Oh, excusez moi, je manque à tous mes devoirs. Je m’appelle André Gill et voici ma fille. Le voyage a dû vous fatiguer. Avez-vous fin?
- Oh oui, répondit Frison, enthousiaste à l’idée d’un bon repas.
Cette remarque fit sourire ses amis et Eliwin lui décocha un " oh, toi tu as toujours faim de toute façon ".
- Excusez moi, mademoiselle, mais je n’ai pas compris ce que vous disiez, fit le général Gill.
- Elle a dit, répondit Suly, que le jeune garçon avait toujours faim.
- Suly, comment as-tu compris ce qu’elle disait? Elle ne s’est exprimé ni en galach, ni en aucune langue que je connaisse.
- Je n’en sais rien. J’ai juste compris.
- La prophétie, murmura le vieil homme pou lui même. Allons, suivez moi si vous le voulez bien, poursuivit-il à haute voix.
Il s’engagea dans le couloir de la grotte, suivit par Suly et les jeunes guerriers. Ils les invita a entrer dans son appartement.
- Vous pouvez vous asseoir.
- Quelle drôle de pièce, fit Celendil en découvrant le salon du général. Leur habits aussi sont étranges, fit-il en elfe à l’adresse d’Eliwin.
- Bien moins que les vôtres, répondit Suly.
Encore une fois, elle avait compris une des langues d’Elonia, ce qui intriguait les jeunes gens.
André Gill, les invita, à nouveau, à s’asseoir autour de la table de son salon, ce qu’ils firent. Après avoir posés leurs sacs. Les sièges étaient d’un matériau étrange mais très confortables.
André appuya sur une série de boutons qui se trouvaient sur un côté de la table. Il y eut comme un bourdonnement et la table s’emplit de nourriture.
- Magie, s’écria Brimbo.
- Non pas, répondit le vieil homme. Ce n’est que technologie.
- Il dit la vérité, confirma Astrée. Apparemment il ne sait même pas quelles sont les formes que peut prendre la magie, ni même si elle existe vraiment.
Elle s’était volontairement exprimée en " galach " (il semblait que c’était le nom de la langue parlée par ces gens), afin que le vieil homme la comprenne.
- Excusez mon ami, mais là d’ou nous venons, Elonia, il n’y a que la magie qui puisse arriver à de pareils résultats.
- Vous venez d’Elonia ?
Suly et son père avaient posé cette question d’une même voix.
- La prophétie, souffla à nouveau le vieil homme.
- Quelle est cette prophétie?, demanda Solia.
- Mangeons… nous aurons tout notre temps pour parler ensuite, répondit-il.
Le repas était délicieux. Les mets semblèrent étranges aux jeunes gens mais ils les apprécièrent. Le fait que dans ce monde aussi on utilisait fourchette et couteau les détendirent un peu.
A la fin d’un repas silencieux, Astrée se leva et déclara :
- Merci, nobles hôtes pour ce repas. Permettez-moi de nous présenter. Voici donc Astor, Solia, Brimbo le Nain le moins grincheux que je connaisse, Eliwin et Celendil les Elfes, et notre excellent petit Hobbit, Frison. Quant à moi, je me nomme Astrée. Aaloon, l’Unique, nous a envoyé ici pour vous aider a fermer une porte extradimensionnelle ouverte par le Chaos.
- Astrée… Astrée, souffla le général. La prophétie se réalise.
Il se leva à son tour et reprit :
- Comme je vous l’ai dit, je me nomme Andrée Gill et ma fille Suly. C’est du moins le prénom qu’elle préfère porter. Le prénom qu’elle a reçu à sa naissance était… Astrée. Quant à la prophétie, elle est gravée dans la grotte où vous êtes arrivés. Elle dit ceci :

Le jour viendra où cherchera le Chaos
Des univers à s’emparer de nouveau
Se dresseront pour l’affronter
En Elonia Sept Guerriers
Et sur Terre Une Guerrière
Lorsque réunies seront les deux Astrée
Lorsque le Pouvoir sera Complet
Le Chaos vaincu sera
Et l’entropie, de nouveau, régnera.

Il fit une pose et reprit :
- Vous arrivez d’Elonia, vous êtes Sept Guerriers en armes, et il y a ici deux Astrée. La prophétie se réalise.
Il était exalté.
Il semblait à Suly que son père sombrait dans la folie. Ces " guerriers " n’étaient encore que des gamins et…
- De plus, intervint Astrée, nous ne sommes que des barbares armés d’armes que vous qualifiez de préhistoriques, et vous ne voyez absolument pas ce que nous pourront faire contres le légions de planètes entière. Sur ce point vous avez raison. Moi non plus, je ne sais ce qu nous pourrons faire. Mais si le Seigneur de l’Entropie nous a envoyé ici, c’est qu’il y a sûrement un moyen pour nous de vous aider. Ne faîtes plus JAMAIS l’erreur de nous considérer comme des " gamins ". Et sachez aussi que chacun d’entre nous et capable de détruire cette maison et de se battre contre cinq adversaires en même temps. Nous étions peut-être des gamins il y a deux mois, mais plus maintenant !
- Non, plus maintenant, conclua Astor.
Suly ne savait plus que dire. Elle était rouge de honte et de surprise. Cette fille avait lu en elle si facilement. Elle était certainement une …
- Télépathe. Vous avez raison, finit la voix d’Astrée dans sa tête.
- Veuillez m’excuser, fit Suly.
- Non, fit Astrée. C’est à moi de m’excuser. Je ne lis pas les pensées des gens habituellement. Mais dans cette situation, je n’ai pas pu m’en empêcher.
- Si j’ai bien compris, intervint le général, il n’y a que trois humains parmi vous?
- Oui, fit Eliwin, pourquoi?. Il n’y a pas d’Elfes, de Nains, ou de Hobbits sur votre monde?
- Autrefois, il y avait des nains, mais ce n’était pas une race. Les progrès de la génétique ont fait qu’il n’y en a plus depuis plus de quatre mille ans.
- Avez vous tous des dons de télépathie, demanda Suly.
- Non, répondit Astor. Nous avons tous un don différent. Il nous vient de ceci, fit-il en montrant son bracelet. Nous en avons tous un. Ces bracelets sont magiques. Nous seuls pouvons les porter et avoir recours à leur pouvoir. Tout autre mourrait sur le champs. De toute manière nous ne pouvons pas les retirer.
Suly remarqua alors le bracelet qu’ils portaient tous. Ils étaient effectivement identiques. Seule la pierre qu’ils portaient était différente. Elle mit la main dans la poche de sa veste et sentit sous ses doigts le bracelet que son père lui avait remis. Elle le gardait sur elle depuis ce jour mais ne l’avait jamais passé à son poignet.
- A quoi servent-ils exactement?, interrogea Suly.
- Ils sont à l’origine de nos pouvoir, expliqua Brimbo. Lorsque nous avons porté ces bracelets pour la première fois, nos vies ont vraiment changées. Maintenant ils ne servent plus que de catalyseur.
- De catalyseur? De catalyseur pour quoi?; demanda Suly.
- Je ne sais pas si nous pouvons vous en dire plus, répondit Astrée. Vous étiez dans la grotte à notre arrivée mais ce n’étais peut-être qu’un hasard. Pouvons nous vous faire confiance?
- Mademoiselle Astrée, répondit dignement le vieux Général, je suis le chef de l’état major des armées de la confédération galactique. A ce titre, je suis chargé de conduire la guerre contre notre ennemi actuel. Nous avons découvert depuis peu qu’il s’agissait du Chaos, même si nous ne savons pas réellement ce qu’est le Chaos. Vous venez de déclarer que vous étiez ici pour fermer une " porte " ouverte par le Chaos. Nos buts ne sont-ils pas les mêmes?
- Monsieur, le Chaos possède mille visages, répondit Astrée. Nous ne pouvons prendre le risque de révéler des informations nous concernant à n’importe qui. Ne m’en voulez pas, mais même si je reconnais que vous nous avez accueillis avec sympathie, nous ne savons pas beaucoup de choses sur vous. Je ne sais même pas ce qu’est un " état major " ou la " confédération galactique ".
- Mademoiselle, reprit le général sur un ton énervé, vous nous avez montré votre talent de télépathe. Vous pouvez donc lire en moi pour savoir qui je suis et décider si vous pouvez me faire confiance ou non? Je vous en donne l’autorisation.
- Monsieur, je ne voulais pas vous offenser et comme je vous l’ai dit, je ne lis pas dans les pensées des gens si je n’y suis pas contrainte.
- C’est moi qui vous le demande.
- Soit.. Monsieur, je n’ai pas l’intention de vous voler des informations personnelles et de violer votre intimité. Si vous pensez fort à ce que vous voulez que je sache, seules ces pensées me seront accessibles.
- D’accord, je vais essayer.
Astrée se concentra pour lire les pensées du général. Il était bien ce qu’il prétendait : un chef de guerre. Et il combattait bien le chaos. Elle lut toutes les informations recueillies par le vieux général sur cette guerre. Ici, on ne faisait pas le siège et l’assaut de villes, mais de planètes entière. Et " la confédération " avait perdu beaucoup de planètes. Le général commandait toutes les forces de la confédération mais il devait obéir à la " présidente de la confédération ", une certaine Laure Brunille, qui prenait avis elle même auprès d’une assemblée élue. La chaîne de commandement paraissait vraiment compliquée sur ce monde.
- Merci Monsieur Gill. Je sais maintenant qu’on peut vous faire confiance. En fait, je pense que vous n’étiez pas dans la grotte par hasard. Cela devait être prévu, sinon nous aurions eu du mal à rencontrer une personne aussi importante que vous aussi rapidement. Veuillez pardonner mon intrusion; Monsieur.
- Hem, heu… oui… heu, il n’y a pas de mal. Appelez moi André s’il vous plaît. Ce " Monsieur " me gêne.
- Comme vous voudrez…. André.
Astrée consulta ses amis mentalement et leur dit ce qu’elle savait sur le général.
- Est-ce que nous leur montrons l’utilité des bracelets?, les interrogea-t’elle.
Ils furent tous d’accord.
- Mons… André, Suly, reprit-elle à haute voix, nous avons décidé de vous montrer l’utilité de ces bracelets. Allez-y, fit-elle à l’adresse de ses amis.
Tous, comme le leur avait appris Astrée pendant une de leurs séances d’entraînement, pensèrent au mot clef : " Par Aaloon ".
Leurs armures apparurent dans un éclair lumineux.
Suly et son père n’en crurent pas leurs yeux : Les sept jeunes gens étaient recouverts d’armures magnifiques, un peu comme celles que portaient les chevaliers du moyen age.
- Lorsque nous portons ces armures, reprit Astrée, nos pouvoirs sont décuplés et complets. Nous sommes les Guerriers d’Aaloon, par le pouvoir de ces armures magiques.
Le général s’approcha d’eux. Il toucha l’armure d’Astor.
- Ce n’est pas de l’or, n’est-ce pas?
- Si, répondit Astor. C’est de l’or.
- Mon dieu, c’est extraordinaire.
Suly et son père regardèrent et touchèrent les armures quelques instant, se fonçant à en constater la réalité.
Suly semblait gênée. Il lui semblait que quelque chose brûlait dans sa poche. Elle y porta la main et la recula vivement : le bracelet qui s’y trouvait était très chaud.
- Aïe!
- Qu’y a t-il Suly?, s’inquiéta son père.
- Si nos invités veulent bien quitter ces armures, je pense que je devrai leur parler.
André sourit. Il avait remarqué le geste de sa fille.
Les jeunes gens firent disparaître leurs armures.
Suly remis la main dans sa poche. La température du bracelet baissait déjà. Elle le sortit, l’éleva et annonça :
- Je pense que nous devrions parler de ceci !



Tous les jeunes gens fixèrent intensément le bracelet due Suly venait de produire. Il était identique aux leurs. Le diamant noir semblait briller de milles feux.
- Vous possédez un des bracelets d'Aaloon!, s'exclama Eliwin.
- Impossible! Il n'y en a que sept, reprit Brimbo. Il ne peut y en avoir un autre!
- Pourtant, continua Astor, il est comme le notre!
- Il faut qu'elle le mette, déclara Celendil. Nous verrons bien…
- Oui, poursuivit Astrée, cela semble la meilleure solution. Voudriez vous mettre ce bracelet?
Suly hésita avant de répondre.
- Vous avez dit que nuls autres que vous pouvaient porter ces bracelet, qu'on pouvait en mourir…
- C'est vrai. Mais si vous possédez un de ces bracelets et que vous ne l'avez pas volé, qu'il est réellement à vous, alors il n'y aura pas de problème.
- Je… me sens un peu fatiguée. On dit que la nuit porte conseil. Je déciderai demain matin si je dois le mettre…
- C'est vrai qu'il est tard, fit André. Il est temps d'aller nous reposer; la journée de demain sera longue… Si vous le voulez bien, vous pouvez dormir sous l'influence d'un ordinateur d'apprentissage. Vous apprendrez ainsi beaucoup de choses sur notre univers et notre technologie. A votre réveil vous aurez l'impression d'avoir toujours su ces choses.
- Est-ce dangereux?, demanda Frison.
- Non, nous nous en servons pour nos enfants. Celui que je possède est un modèle militaire. Vous aurez donc droit à un apprentissage plus concentré et plus rapide qu'à la normale. Peut-être aurez-vous un léger mal de tête à votre réveil.
- C'est d'accord, déclara Eliwin.
- Malheureusement, je n'ai que six casques. J'essaierai d'en avoir un autre pour demain. L'un d'entre vous devra se contenter de l'ordinateur d'apprentissage de ma fille. Il est moins puissant et l'enseignement sera moins complet. Mais on pourra rattraper le retard dès demain.
André reprogramma son appartement pour créer une chambre. Les lits superposés étaient dans le même matériau que les murs et semblaient soudés à ceux-ci. Le vieux général enficha des casques dans des prises situées dans le mur, à la tête des lits. Ils montra aux jeunes gens leur fonctionnement et programma l'ordinateur avec des programmes sur l'histoire, la technologie courante et un programme de reconnaissance des différentes espèces extra-terrestres intelligentes de la confédération.
Les jeunes gens s'allongèrent, coiffèrent le casque et s'endormirent aussitôt sous l'effet de l'ordinateur.
Le matin venu l'ordinateur s'arrêta. A six heures et trente minutes toute la maisonnée s'éveilla.
Pendant qu'ils s'habillaient les jeunes gens purent réfléchir à tout ce qu'ils avaient en tête. Ce qui les étonnait le plus, c'était la technologie de ce monde: l'électricité, les matériaux programmables qui prennent la forme que l'on souhaite, et bien d'autres choses. Les moyens de transports étaient étonnants aussi. L'homme volait dans des machines qu'il avait fabriquées et non sur des dragons (qui ne semblaient d'ailleurs pas exister ici). Une sonnerie retentie dans la chambre.
- Chouette, s'exclama Frison. C'est l'heure du petit déjeuner.
Ils se rendirent tous dans la salle à manger où un petit déjeuner fumant les attendait.
- Bonjour, les salua André. J'espère que vous avez passé une bonne nuit. Servez vous.
Ils se régalèrent. Astor sentit son mal de tête s'envoler au fur et à mesure que la riche nourriture descendait dans son estomac. Il but un peu d'un liquide noir servit très chaud. Il le trouva très bon.
- Qu'est-ce que c'est?; interrogea-t-il André.
- Du café. Vous aimez?
- Oui, c'est un peu étrange mais c'est bon. Le goût ressemble un peu à celui des infusions de feuilles de galaos.
- de galaos?
- C'est une plante qui pousse sur elonia. Les guérisseurs s'en servent beaucoup.
Ils finissaient de boire et manger quand Suly entra chez son père.
- Bonjour, fit-elle joyeusement.
- Bonjour, répondit Astrée.
- Avez-vous réfléchi?
- Oui. Je vais essayer. Quand pourrons nous le faire?
- Quand vous le souhaiterez.
- Maintenant alors… avant que je change d'avis.
- Peut-on aller dans un endroit tranquille?
- Père, pouvons nous utiliser ton bureau?
- Bien sûr, répondit André.
Suly se dirigea vers un mur et apposa sa paume sur une plaque. Une partie du mur coulissa, révélant une autre pièce. Elle y pénétra, suivie par Astrée.
Suly referma la porte derrière elles.
- Bien fit astrée. Vous sentez prête?
- Oui. Vous pouvez me tutoyer...
- Bien, fit Astrée. Il faut mettre ce bracelet. Voilà. Maintenant, Je vais te faire prononcer deux mots. Dès que cela sera fait,, je veux que tu ne bouge pas, que tu ne parles pas avant que je ne te le permette. Quoi qu'il arrive! D'accord?
- J'ai bien compris.
- Dis " Par Aaloon ".
- Par Aaloon, dit Suly d'une voix mal assurée.
Le bracelet se mit à luire. Et le phénomène dont Astrée avait elle même fait souvent l'objet se reproduisit. Suly fut bientôt recouverte par une armure aussi magnifique que celle d'Astrée. Une logue épée pendait à son coté et un énorme diamant noir ornait le heaume au niveau du front. Celui-ci émit une lumière aussi blanche que la pierre était noire. Suly tressaillit, mais, suivant les instructions d'Astrée, elle resta immobile et muette. Elle sut tout d'un coup à quoi servait son armure. Son pouvoir était un peu le pendant de celui d'Astrée. Cette dernière avait pouvoir sur l'esprit et elle, Suly, pouvait manipuler la matière.
Astrée, après un rapide sondage permit à Suly de se relâcher.
- Il faut surtout que tu te concentre pour ne pas tout chambouler derrière toi. Imagine que tu change tes amis en statues de pierre ou ta nourriture en charbon!
Suly rit de bon cœur. Elle sortirent de la pièce.
Les jeunes gens furent ravis de voir que Suly portait la huitième armure d'Aaloon.
Astrée informa ses amis et le père de Suly des dons que celle-ci venait d'acquérir.
- Comme l'annonçait la prophétie, fit le vieux général, le pouvoir est complet maintenant : l'une règne sur l'esprit et l'autre sur la matière.
Frison regardait l'armure de Suly avec intérêt.
- Hum, fit-il. Avez vous remarqué que cette armure, au diamant près, est identique à celle d'Astrée.
- Tu en es sûr, demanda Brimbo?
- Je suis très observateur. Cette armure ressemble énormément à celle d'Astrée. Je jurerais que ce sont les mêmes.
- Astrée, si tu mettais ton armure, on pourrait peut-être les comparer, proposa Celendil.
- Bonne idée, reprit Eliwin.
Sous la pression de ses amis, Astrée s'exécuta.
Au moment même où son armure apparu, un phénomène étrange débuta.
Le diamant de son armure se mit à luire intensément, tout comme celui de l'armure de Suly.
Les deux diamants se mirent alors à diffuser leur lumière en cadence. Un éclair, puis un autre et encore un autre. Les deux jeunes femmes se firent face, cherchant à comprendre ce qui se passait. La fréquence de la pulsation des diamants s'accéléra.
Brusquement, un faisceau lumineux d'un blanc pur partit de chaque diamant, l'un allant à la rencontre de l'autre. Au moment où ils allaient se rencontrer, ils bifurquèrent chacun dans une direction et se mirent à tourner dans la pièce, de plus en plus vite, dessinant des figures compliquées qui rappelèrent à Astrée les signes bleutés aperçus pendant la nuit où elle avait rêvé d'Aaloon.
- Oui, c'est bien des runes que ces rayons dessinent, pensa Astrée.
Elle n'aurait pas pu dire pourquoi, mais il lui semblait qu'en fait ce n'était qu'une Rune composée de plusieurs centaines d'autres runes. La pièce en était maintenant emplie et elle était sûre que les runes se multipliaient d'elle même et ne se limitaient plus à l'appartement : elles devaient s'étendre à toute la ville. Soudain, Astrée fut capable de lire le noyau de la rune qui se trouvait au centre de l'appartement, et les effets de la Rune lui apparurent alors; la Rune allait se multiplier presque à l'infini et ,bientôt, une de ces runes allait apparaître sur chacune des planètes de cet univers. Elle servirait à canaliser la faible énergie magique de chacun de ces mondes vers les armures d'Aaloon des Guerriers qui se trouveraient sur celui-ci. La magie saturai Elonia qui aurait pu alimenter à pleine puissance des milliers d'armures. Ici, certaines planètes, comme la Terre, ne pouvaient pas en alimenter plus de trois ou quatre utilisant leur pleine puissance. Pourtant, grâce à la Rune, la plus part des planètes pourraient alimenter les sept, non, huit, armures d'Aaloon.
Astrée ne comprenait toujours pas comment elle avait pu connaître le fonctionnement de cette Rune quand elle réalisa qu'elle serait capable de la refaire, et même d'en créer d'autres. Elle venait de découvrir de nouveau concepts. Elle savait comment placer une rune source, une rune racine et une rune effet pour construire une rune complexe. Elle savait aussi ce qu'étaient les rune de protections, les runes simples ou les runes SupraComplexes. Elle se doutait que le champ d'action des runes était quasi illimité. Pourtant, elle sentait qu'elle ne savait pas tout. Il y avait un trou dans ses connaissances. Un mot vint à son esprit : Ultime. La Rune Ultime… Elle savait que cette Rune Ultime existait mais rien d'autre à son sujet. Un mystère de plus…
Les rayons émis par les deux armures s'étaient éteints. Les runes palissaient déjà, s'effaçant rapidement. L'appartement fut, de nouveau, vide de tout symbole.
- Leur travail est fini, fit Suly.
Ses yeux étaient légèrement vagues. Peu habituée à la magie, malgré la récente découverte de ses pouvoir, elle avait du mal à accepter cette nouvelle chose : elle était capable de décrire des runes.
Le père de Suly s'asseya, la main posée sur son cœur.
- Trop… c'est trop. Il se passe trop de choses, en trop peu de temps. Il y a tellement à faire aujourd'hui.
Il semblait épuisé. Il appuya sur une série de boutons inclus dans l'accoudoir de son faute il et les restes du petit déjeuner disparurent, laissant la table propre et nette.
- Retirez vos armures, s'il vous plaît, supplia-t'il.
Suly et Astrée s'exécutèrent.
- Que s'est-il passé?
- Je pense, répondit Astrée que le " pouvoir " n'était pas complet. Et qu maintenant il l'est. Suly et moi possédons la magie Runique. C'est la plus puissante des magies d'Elonia.
- D'accord. Asseyez-vous tous et expliquez moi ce qu'étaient ces dessins.
Tous les jeunes gens s'exécutèrent et Suly expliqua à son père ce qui venait de se produire.
- Bien, je comprends… mais cela fait vraiment beaucoup d'évènement étranges depuis hier. A moi de parler maintenant. Ce matin j'ai reçu un nouveau rapport sur notre situation. Elle est grave : la Confédération vient encore de perdre trois planètes, ce qui amène le compte à vingt six. Il est temps de riposter. Nous avons formé une unité d'élite. Elle est commandée par Suly. Voulez-vous vous joindre à elle?
- Cette unité fait partie de votre armée, demanda Astor?
- Oui. Ma fille et moi même sommes Généraux dans cette Armée. Vous pourriez y être incorporés en tant qu'officiers. Au grade de Lieutenant et de Capitaine pour celui de vous sept qui dirige votre groupe.
- C'est que, fit Eliwin, nous n'avons pas de chef. Nous avions Galmir, notre mentor, mais il n'a pas pu venir avec nous.
- Vous pourrez en choisir un, intervint Suly. J'aimerai beaucoup vous avoir avec moi. Et puis, pour mener à bien votre mission, il vous faudra vous rendre sur les lieux de l'action… Il n'y a que l'armée qui puisse se rendre dans ces territoires en ce moment.
- Nous acceptons, répondit Astrée après avoir consulté ses amis. Mais nous ne connaissons rien à votre armée…
-Vous apprendrez, répondit André. Bien, c'est décidé. Vous serez intégrés dans cette unité dès demain. Suly se chargera de remplir les formalités d'incorporations. Quand à moi, je vous obtiendrai des ID pour ce soir. Vous en aurez besoin pour emprunter les transports en communs, touche vos soldes, acheter de la nourriture ou entrer dans certains bâtiments. Il vous vous falloir passer quelques heures sous ordinateur d'apprentissage afin d'apprendre ce dont vous aurez beso…
Il fut interrompu par une sonnerie. Il regarda sa montre.
- Déjà dix heures! Ils sont à l'heure. " Ouverture de la porte d'entrée ".
La porte qui donnait sur le couloir s'ouvrit sur Max Tit'lie et Miggia Lugia. Les jeunes éloniens eurent un mouvement de recul avant de se détendre. Les informations implantées par l'ordinateur d'apprentissage leur revinrent à l'esprit. Ce n'étaient pas des démons, mais un humains mutant et une Dschubbienne. Ils entrèrent et la porte se referma derrière eux. Seule Solia semblait encore hagarde. Elle s'était levée et se mit à psalmodier.
Astrée comprit de suite ce qui se passait. Elle se leva en criant.
- Noooon!
Solia, concentrée et effrayée tout à la fois continua à lancer son sort sans entendre Astrée.
Les deux visiteurs se figèrent au cri d'Astrée. Astrée esquissa un mouvement, pensant à la Rune qu'elle voulait décrire. Il n'y avait pas le temps de poser une rune de protection. Elle se mit à faire des gestes des pieds et des mains. Elle dansait et chantonnait. Chacun de ses gestes créait un signe vert. Un rayon d'énergie partit du doigt que Solia venait de tendre en direction de Max et de Miggia. Son sort était achevé. Au moment où le rayon allait atteindre un Max paralysé, il butta contre un écran invisible. Cet écran vira au vert sous l'assaut de Solia. Puis, le sort ayant fini son temps d'effet, le rayon s'arrêta.
- Tu as bloqué mon sort!, fit Solia à l'intention d'Astrée. Tu as bloqué mon sort!
Elle ne comprenait pas. Sa magie l'avait trahie. Astrée l'avait trahie, elle et ses amis. Elle avait défendu des démons. Elle s'aperçue alors qu'aucun des autres n'avaient essayés d'attaquer les démons.
- Que se passe-t'il, demanda Solia?
- Je viens de sauver la vie de deux amis de Suly et de son père Solia. Je pense que ton programme d'apprentissage raccourci ne comprenait pas le reconnaissances des espèces extra-terrestres. Ces deux personnes ne sont pas des envoyés du chaos. C'est univers est étrange et peuplé de créatures étranges. Mais tout ce qui est étrange n'appartient pas forcément au Chaos… D'après ce que j'ai pu lire dans l'esprit du Général Gill, qu'il me pardonne, ces deux personnes aiderons peut-être à sauver cet univers et donc Elonia!
Solia étai confuse et se confondit en excuse, demandant pardon à tout le monde, même à ceux qu'elle n'avait pas menacés.
Suly et son père essayèrent d'expliquer la situation à Max et Miggia qui avaient du mal à se remettre de leurs émotions et ne comprenaient rien à ce qu'on leur disait.
- Magie?, fit Max. Vous nous parlez de magie! Ridicule! Général, je ne pensais pas que vous me preniez pour un idiot!
Miggia aussi avait l'air incrédule, voire en colère.
- Astrée, fit Suly, aide nous à convaincre Max et Miggia.
- Que veux-tu que je fasses?
- Ce que tu veux, mais il faut calmer Max…
- S'il vous plaît, Monsieur. Calmez-vous et écoutez-nous. Vous aussi Madame.
Max se figea. Il avait entendu une voix dans sa tête. Il se tourna vers Astrée et la fixa longuement. Miggia, elle aussi se tourna.
Astrée rompit le silence.
- Le général Gill et Suly ne vous ont pas menti. Vous avez bien été attaqués par magie. S'il vous plaît, gardez votre calme et laissez nous vous donner quelques explications.
Elle avait accompagné sa tirade d'une onde télépathique apaisante.
Max et Miggia regardaient cette jeune fille à l'air si sûre d'elle. Elle était vêtue d'une robe très simple et portait un poignard à son côté. Les autres occupant de la pièce avait l'air jeunes eux aussi. Ils étaient tous habillés de vêtement étranges et portaient tous un poignard. Deux d'entre eux étaient vraiment trop petits, des aberrations génétiques.
- J'y suis, fit Max en se forçant à sourire. Vous organisez un bal costumé. Le déguisement holo de vos amis est très réussi.
- Vous avez voulu nous faire une farce, ajouta Miggia! Vous nous avez montré des hologrammes... Vous comptez utiliser des hologrammes contre nos ennemis. Mais comment avez vous fait pour les effets sonore? Je jurerai avoir entendu cette jeune fille me parler directement dans ma tête.
- C'est par-ce que je l'ai fait….
Miggia se tourna à nouveau vers Astrée. Elle était sûre de l'avoir entendu à nouveau, dans sa tête!
- Je m'appelle Astrée.
- Vous, vous êtes télépathe? C'est ça?
- Oui, répondit André Gill, devançant Astrée. Laissez moi vous présenter Astrée, Solia, Astor, Frison le Hobbit, Brimbo le Nain et les Elfes Eliwin et Celendil. Il viennent de très loin pour nous aider. Attention, ne faîtes pas l'erreur de les considérer comme des enfants. Ils nous ont déjà prouvé le contraire. Et, s'ils sont habillés de cette manière, ce n'est pas pour un bal. Là d'où ils viennent, ce sont des vêtement tout à fait courants.
- Et cette histoire de magie?
- La stricte vérité, répondit Suly.
- Général… André, il y a eu un drôle de phénomène tout à l'heure… Était-ce le résultat d'une bataille magique entre Astrée et.. Soli...a?
- De quel phénomène parlez-vous?
- La terre toute entière a été, l'espace d'un instant, emprisonnée dans un réseau fait de symboles blancs, qui ressemblaient à ceux de tout à l'heure. Ils ont disparus aussi vite qu'ils étaient apparus, mais l'armée est dans tous ses états. C'est d'ailleurs étrange qu'on ne vous ai pas encore contacté… Il semble que le phénomène ait eu pour origine cette partie de la planète.
- Astrée et moi, répondit Suly, en étions à l'origine, bien que cela fut indépendant de notre volonté. Pardonnez moi, mais je ne peux vous en dire plus… Et je compte sur vous pour n'en parler à personne, comme de ce qui s'est passé ici il y a un instant.
- Comme vous voudrez, dit Max. Bon, pour la magie, pourriez-vous m'expliquer? Deux espèces qui font partie de la confédération sont télépathes, une pratique la télékinésie et une autre peut se téléporter sur de courtes distances, mais aucune ne pratique la Magie! Elle est réservée aux contes de fées! Aucune espèce n'a jamais prétendu détenir des pouvoirs magiques! Bien sûr, certaines ont essayé de le faire croire, mais derrière cette prétendue magie il y avait toujours une technologie avancée! Pourquoi tenez-vous tellement à nous faire croire en la magie.
- Parce que c'était de la magie, répliqua Astrée. Pourquoi, VOUS, vous ne voulez pas nous croire?
- Max, intervint André, nous allons t'expliquer. Ces jeunes gens feront parti dès demain de l'unité commandée par Suly.
- Vous pensez réellement qu'ils peuvent s'intégrer dans une unité de commandos d'élite. Chacun des hommes de cette unité est un spécialiste.
- Ils le sont aussi, répliqua Suly. A leur manière… Astrée, tu peux avoir confiance en eux. Décris leur les qualité de votre équipe.
- D'accord. Nous sommes les guerriers d'Aaloon et nous venons de la planète Elonia. Solia, qui vous a attaquée tout à l'heure est magicienne. Si je n'était pas intervenue tout à l'heure, vous seriez morts maintenant car sa magie est puissante. Ses sorts sont rapides et efficaces. Frison est un hobbit. Il est courageux et astucieux. Il peut se dissimuler dans le plus petit coin d'ombre et se déplacer dans un silence total. Aucune serrure ne lui résiste. Astor que voici est un excellent guerrier. Il est fort, rapide et habile avec ses armes. Celendil est un Elfe et possède toutes les qualités de cette race. Il est notre chasseur et pisteur. C'est notre guide. Jamais il ne se trompe de direction et ne se perd. Eliwin, une Elfe, elle aussi, est une guerrière. L'agilité et la vitesse sont ses atouts. Brimbo, lui, est un Nain. C'est notre spécialiste en démonologie et en créatures du Chaos. Si vous étiez de cette espèce sa hache ne vous épargnerai pas. Il faut maintenant rajouter Suly à notre groupe, depuis ce matin. Elle est capable de manipuler la matière à son gré et pratique le magie runique. Quant à moi, je suis la coordinatrice de notre groupe. Mon domaine est le psychique et je pratique aussi, comme vous avez pu vous en apercevoir, la magie runique.
Astrée avait accompagné son discours d'images l'explicitant.
Max et Miggia, convaincus, se regardèrent.
- Avez-vous un diagnostiqueur, mon général, interrogea Max.
- Bien sûr. Vous vous sentez mal?
- Non, je veux juste vérifier quelque chose.
- Je vais la chercher.
André sortit par une porte et revint un instant plus tard. Il tenait un petit appareil qu'il tendit à Max en souriant.
- Merci.
Max alluma l'appareil et en visa chaque personnes présentes dans la pièce.
- Extraordinaire. Il y a onze créatures vivantes dans cette pièce… et six d'entre elles ne sont pas humaines. Le diagnostiqueur reconnaît bien Miggia comme Dschubbienne, mais il est incapable d'identifier la race de ceux qui se nomment Brimbo, Celendil, Frison et Eliwin. Leur histoire est donc vraie… Ce que je ne comprend pas, c'est que mon détecteur est formel : Astor, Solia et Astrée sont humains. S'ils viennent tous de la même planète, comment est-ce possible?
- Je pense, répondit Suly, qu'Elonia n'est pas une planète de notre univers mais qu'elle appartient à un univers parallèle au notre.
- Beaucoup de scientifiques croient en leurs existences, fit Miggia, mais aucun n'a jamais pu prouver qu'ils existaient.



 

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